La Gazette de la grande ile

Chronique: Le siècle de la voyoucratie au pouvoir et l’engrenage de la corruption

Publié le 31 mai 2018

Les années 90 de l’ère coloniale suivie du temps des bâtisseurs d’une république indépendante sous la présidence de Philibert Tsiranana un ancien  bouvier de la campagne d’Anahidrano ont été marquées par les contradictions de la Démocratie et les manifestations des revendications de la Dictature du prolétariat dans le cadre de la lutte des classes qui atteint son apogée lors des évènements de 72. Il y avait cette Révolution  Socialiste de l’Amiral Didier Ratsiraka qui prendra fin sous les coups de boutoir de la Démocratie populiste du Pr. Albert Zafy. Puis les oligarchies de la bourgeoisie des affaires  qui l’avaient installé et noyauté pour l’exploiter finiront par le contraindre à lâcher prise par un « empêchement » purement comploté par un Norbert Lala Ratsirahonana déjà à l’affût du pouvoir en1996. Et cet intriguant roublard très rusé est toujours de service jusqu’à nos  jours. Une brève mais incroyable retour à la tête de l’Etat de l’Amiral, pour installer une  décentralisation à partir des  provinces autonomes, sans pouvoir finaliser son projet à  cause des traîtrises internes d’un entourage « trop pressé » de devenir  Calife à la place du fondateur du parti  Arema s’achèvera avec l’an 2 de ce siècle nouveau.

A partir de l’année 2000 la téléphonie mobile et les applications de l’Internet vont changer la vie d’une population évaluée à plus de 20 millions d’âmes. Le vol de  bœufs une activité traditionnellement folklorique basée sur les us et coutumes a pris les  contours commerciaux mafieux sous la  pression d’une très forte demande  de l’exportation. Des camions gros porteurs s’enfoncent jusque dans les  campagnes et des bateaux accostent près des jetées de fortune sur tout le littoral sud et ouest pour prendre livraison des bestiaux pris aux éleveurs. Le miracle de l’informatique aidant les comptes des fournisseurs sont approvisionnés en devises  étrangères par les partenaires étrangers. L’arrivée au pouvoir, par effraction en 2002 d’un laitier devenu patron  du groupe  TIKO permettra aux investisseurs promoteurs des grandes mines de l’Anosy et d’Ambatovy,  de  Soalala et des autres périmètres riches  en produits miniers d’envahir le territoire national, dans  des  conditions préjudiciables pour les intérêts supérieurs du pays, mais hautement enrichissantes pour les avoirs  extérieurs de Marc Ravalomanana. Il a même modifié tout le code minier pour  faciliter  et avantager au maximum les profits de ces  étrangers qui faisaient scandaleusement fortune sans aucun  contrôle de l’Etat. Les médias rapportent qu’ «en 7 ans de pouvoir Marc Ravalomanana a réussi à atteindre deux extrêmes. D’un côté, un peuple qui se paupérise d’année en année, gavé de promesses et d’espoir perdus ; de l’autre côté, une société agro-alimentaire dont le renom a dépassé les frontières de Madagascar. (…)Marc Ravalomanana est un homme pressé. Tellement pressé qu’il commet une infraction qui va finir par être une habitude. Mais en tant que détenteur de tous les pouvoirs, il ne sera plus jamais inquiété. (…) Coup sur coup d’autres  experts de l’histoire politique  de Madagascar constatent : « les affaires Daewoo et Boeing » (jet payé avec des deniers de l’Etat). « Les polémiques que ces affaires ont suscitées ont fini de mettre à mal l’image déjà très ternie du président malgache. » Le laitier devenu président ira même jusqu’à  affirmer  dans une déclaration qu’ « Un pays se gère comme une entreprise ». Capitalisant sur la croissance de son entreprise, sans équivalent à Madagascar, il revendiquait alors la reproduction de cette réussite « rapide et durable » à l’échelle nationale. Or, ce succès s’est avéré davantage palpable à l’échelle de son entreprise qu’à celle du pays. En effet, si aucun chiffre précis n’est disponible, les estimations établissent que le chiffre d’affaires de Tiko a été multiplié par quatre depuis 2002, alors que dans le même temps le taux de pauvreté n’a diminué que modérément. »

La mise  en place  de  ses Tiko-boys a « permis au Président d’obtenir depuis 2002 des marchés de gré à gré, en particulier pour sa société Alma, de sorte que celle-ci bénéficie désormais, entre autres, de l’ensemble des contrats de bitumage de la capitale. Par ailleurs, le contrôle que le Président assure sur la Jirama, pourtant gérée par un cabinet allemand à travers un contrat d’affermage lui sera très favorable  sur le plan  financier en plusieurs occasions. Prenant la succession  de  cet autocrate monopoliste qui n’arrête pas de faire le vide autour de lui dans le monde des  affaires  nationales, Andry Rajoelina un  jeune Maire de la capitale a été soutenu par une conjuration des grandes fortunes locales  et étrangères pour chasser du pouvoir celui qui a tout fait pour faire bénéficier à  son  empire tous les privilèges  et  avantages  abusifs provenant du Trésor Public. Mimétisme politique oblige les décideurs  de la Révolution  Orange au lieu  d’apporter un  Changement drastique  souhaité par la population  versent  dans une participation  éhontée de la protection des pillages  des  ressources  nationales. Le régime la Transition s’attellera  à favoriser  les  trafics  en tout  genre  depuis les  bois de  rose jusqu’aux produits miniers rares et les  envois de  lingots  d’or dans les  raffineries  des Emirats Arabes. Les  détournements des  deniers publics, les octrois des marchés publics (souvent fictifs) et la corruption vont connaître un âge d’or très juteux pour les  rares favoris tels les  Haja Resampa, les Mamy Ratovomalala et Patrick Leloup qui peuvent tous  se payer  des  immeubles  grandioses dans  les paradis  fiscaux des îles  voisines,  en Europe et à Monaco. Et dire  qu’ils  rêvent de revenir  au pouvoir… Avec cette  déchéance  ratée pratiquement du président en  exercice et une  nomination d’un nouveau Premier ministre dictée par la Haute Cour Constitutionnelle, l’heure de la vérité ne manquera pas  de sonner pour tous. La  prétention du groupe Mapar d’Andry Rajoelina de  proposer Christine Razanamahasoa pour succéder à Olivier Mahafaly ne manquera pas  de  faire  remonter à la surface les plaies  de la corruption très  florissante au Ministère de la Justice à l’époque. Sûrement qu’en  face le parti  HVM  ne ratera pas l’occasion de prouver que la  corruption est également le péché mignon de ces lieutenants du chef de file de la formation TGV. Excédés de toujours  recevoir  des  gifles insultantes publiquement les  dirigeants  du partis présidentiel sous la pression de ses militants des  régions scandalisés par les abus des  parlementaires du  changement ne résoudront plus à  tendre l’autre joue. Aux  dernières  nouvelles, quelque part des acteurs politiques sont déterminés à  revendiquer  une  clause prévue dans la Feuille de route de 2011 qui exige que le « Premier ministre ne peut être originaire ni de la même province, ni  de la plate-forme politique qui  soutient » le Chef de l’Etat. Une rencontre  au  sommet  entre les  anciens  Chefs d’Etat sous l’égide  du  CFM  est prévue ce jour  dans l’après-midi. Mais  en  tenant  compte l’insistance rigide du groupe Andry Rajoelina à  imposer des exigences trop radicales, on peut prédire que l’entente cordiale n’est pas encore  envisageable. Et la faute à  qui ? A ces héritiers  d’une  voyoucratie qui a pillé pratiquement le pays.

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