La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE N. RAZAFILAHY : Blablablas des politicards et charabias des juges

Publié le 10 septembre 2018

De tous temps ou disons à partir du complot militaro-institutionnel qui a permis de chasser du pouvoir un Philibert Tsiranana convalescent mais très diminué physiquement, la population de ce pays a toujours été le jouet des oligarchies cupides hégémoniques. Dernièrement encore, ayant été abreuvés de discours démagogiques enivrants, les habitants ont eu droit à ces envolées trompeuses trop soporifiques pour être compris par un public déjà engourdi et somnolent à cause les ravages d’un appauvrissement programmé. Déjà, le simple gens ne savait plus qui croire et à qui s’accrocher pour confier ce qui lui reste d’espoir pour survivre dans un contexte délétère dominé par une succession de gouvernances perverties au service de l’argent roi des mafias locales et étrangères. D’un bout à l’autre de l’année les habitants sont soumis aux effets nocifs des blablablas des hommes politiques qui ne pensent qu’à s’enrichir « vite et de manière durable» et des charabias, de quelques juges complices sinon aux ordres, pratiquement hermétiques à la compréhension minimale du commun des mortels.

Voilà le drame au quotidien de cette île merveilleuse bénie de Dieu aux richesses immenses livrées aux pillages des grosses fortunes de tous pays aidés par des traîtres en puissance. Tous, très assoiffés du pouvoir pour le pouvoir et convaincus d’appartenir à la race supérieure des seigneurs, ils sont génétiquement favorables à une prédisposition à la soumission payante à la corruption de cette minorité d’étrangers, des prédateurs économiques, environnementaux et finalement génocidaires. Exemple récent de cette domination scandaleuse d’une classe politique mal intentionnée : les émeutes de la capitale qui ont permis à des politicards au parler menteur de s’incruster dans le système de la conduite des affaires de l’Etat par effraction à la faveur d’une décision douteuse d’une haute institution qui au lieu de « déchoir le président, même s’ils reconnaissent ses manquements »,  avait contribué par ricochet à la mise en place d’un Christian Ntsay au passé pas très élogieux comme Premier ministre d’un gouvernement au sein duquel siègent non seulement l’ancienne ministre de la Justice qu’elle avait dirigé sous le signe de « l’instrumentalisation » de l’organe judiciaire, mais il s’y trouvent également des valets de l’empire TIKO d’un Marc Ravalomanana qui ne pense qu’à étendre son empire industriel au dépend des intérêts supérieurs de Madagascar. Il s’agit ici d’un candidat déclaré pour la prochaine élection présidentielle, alors qu’il a les mains tachées du sang des victimes de ses soudards les « Zanadambo » qui ont massacré des frères d’armes à l’entrée de la ville de Fianarantsoa et qui est aussi responsable de la mort suspecte d’au moins 80 personnes décédées en détention. Ne jamais oublier aussi que Christine Razanamahasoa, « a chanté tout l’été » sur le parvis de l’Hôtel de Ville, pour traiter de « corrompus par les mallettes » ses pairs parlementaires hostiles à la cause putschiste du mouvement « MIALA RAJAO ! ». Et comme dans la fable de La Fontaine « quand la bise » ou plutôt pour elle la crise « fut venue » pour ne pas se contenter du « pas de mouche ou de vermisseau » à avaler, elle a préféré laisser tomber Me Hanitra et tous les gogos naïfs de la Place du 13 Mai.

De l’an 2009 jusqu’au début du mandat du premier président de la 4ème République, elle avait mis pratiquement les juridictions sous son autorité au service de tous les trafics (de l’or, des minerais précieux, des bois de rose, des ressources halieutiques et surtout des devises placées dans les comptes off-shore (au-delà des vagues) et qui peuvent guère être à la portée des mesures de répression existantes sur les évasions fiscales et les biens mal acquis. Et c’est tant pis une fois de plus pour le Trésor Public et les biens communs de cette nation, jusqu’à quand ? A propos de la démission prévisible de l’actuel président sortant le suspense était fertile en supputations diverses très irritantes pour les nerfs de certains zélateurs inconditionnels de l’ « émergence » hypothétique de tel ou tel candidat en lice lors des votes du 7 novembre 2018. A    cause de cet alinéa de trop de l’article 46, intentionnellement voulu par le cerveau de la confection sur mesure de ce combien vicieuse Constitution de 2010, n’importe quel profane du droit public qui, déjà n’a pas prétention de maîtriser les subtilités du jargon des gens de robe perdrait non pas le latin, mais…la raison. Rien qu’à la lecture d’au moins 20 considérations oiseuses de cet avis N°07-HCC/AV du 7 septembre 2018 d’une Haute Cour Constitutionnelle pour laquelle l’opinion ne se fait plus aucune illusion. Surtout que leurs charabias truffés par les astuces juridiques laconiques contradictoires sont difficilement accessibles pour Raleva le charretier, les bouviers du pays Bara, les paysannes de Sambava. Bon nombre de ces moutons de Panurge qui se prennent pour des acteurs politiques n’arrivent même pas à faire la différence d’une part, entre la « légalité » des « attributions présidentielles courantes »,…  » accessibles à Rivo Rakotovao qui va assurer l’intérim. Et puis d’autre part, les fonctions attachées et indissociables à la « légitimité » d’un Président de la République élu au suffrage universel qu’aucun acte de démission ne pourra juridiquement amputer de son rôle constitutionnel (du 25 janvier 2014 au 25 janvier 2019 inclus).  L’article 45 de la Constitution ne stipule pas du tout expressément une telle précision qui découle du fait «qu’en assumant ces fonctions de Chef de l’Etat, le Président du Sénat ne remplace, ni supplée le Président de la République titulaire ; que la vacance de la présidence de la République est suivie de plano par un intérim constitutionnel… » Tout le reste n’est que mirage d’un juridisme partisan et béni oui-oui à partir  «des effets irréversibles» d’une démission présidentielle. Les détracteurs de  ce  dernier ne cachent pas leur « soulagement » et prennent leur vessie pour des lanternes, leurs phantasmes obsessionnels pour des réalités et l’acte de démission de Hery Martial Rajaonarimampianina pour la réalisation de leur désir de voir celui-ci quitter le terrain des jeux bassement politiciens pour aller de rhabiller au vestiaire de l’Histoire. Tout simplement parce qu’aucun arbitre jusqu’à ce jour n’a réussi à se substituer au verdict des urnes du second tour de l’élection présidentielle de 2013 pour brandir et faire valoir l’autorité de cette carte rouge imaginaire tant souhaitée par quelques politicards prétentieux pressés de jouer dans la cour des grands et des partenaires financiers qui se voient déjà en train de monopoliser les gisements d’or, d’uranium, de terres rares et même les vastes périmètres fonciers des prairies des de notre île. Si jamais ils parviennent à leurs fins et qu’ils arrivent à faire élire un Pinocchio ou un Rakoto Ouattara, nous tous, nous allons vivre les drames de la malédiction de nos richesses. Soit dans les meilleurs des cas parqués comme des bestiaux dans des réserves, soit le pire des cas dans les charniers comme au Rwanda ou qui sait sur des boat people ? Sauf miracle ! «Ny amisavisana ny ratsy… » Comprenne qui voudra, en tout cas, l’heure est grave !

 

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