La Gazette de la grande ile

Corruption : Claudine libérée sans rembourser un seul franc !

Publié le 12 septembre 2018

Relaxe pure et simple ! Ainsi a été libérée hier Caudine Razaimamonjy par le Pôle anti-corruption (PAC). C’est la très officielle RNM (Radio nationale malagasy) qui l’a annoncé dans le journal de la soirée alors que l’opinion était plutôt concentrée au verdict de la très attendue audience du Conseil d’Etat sur le recours pour le report de l’élection présidentielle.

Un an et demi après son arrestation, Mme Razaimamonjy retrouve donc  la liberté. Elle était accusée de corruption et de détournement de deniers publics d’un montant d’un peu plus de 396 millions Ar destinés à la mairie de la Commune rurale d’Ambohimahamasina dans la région de Fianarantsoa.

Hier, le Pôle anti-corruption a jugé qu’aucune des charges pesant sur Claudine Razaimamonjy n’étaient pas fondées. Le verdict a été pris en dépit des résultats de l’enquête de l’Inspection générale de l’Etat qui a déclenché l’affaire, l’instruction du Bianco et le témoignage du maire d’Ambohimahamasina qui a reconnu qu’au lieu de la réhabilitation de la mairie, le budget a été transféré à Claudine Razaimamonjy sur ordre du ministre de l’Intérieur sortant, Olivier Mahafaly Solonandrasana, qui n’a jamais été inquiété.

La forte médiation de cette affaire par le Bianco qui a été à la recherche d’une crédibilité et les péripéties de l’accusée ont fait que l’opinion l’a jugée fautive avant même que la Justice ait tranchée. Aussi ne s’étonne-t-on pas si notre standard a reçu de nombreuses plaintes déplorant l’absence de la moindre amende et même un seul franc de remboursement. Les juges sont cependant logiques dans leur verdict car ils ne pouvaient prononcer une relaxe pure et simple et affecter en même temps une amende financière qui dans ce cas, reconnaîtrait l’existence d’un délit financier.

Mais si l’affaire Claudine est close, un problème majeur se pose : s’il n’ a pas été détourné alors que la mairie d’Ambohimahamasina n’a reçu aucune couche de peinture pour sa rénovation, où est passé le pactole de près de 2 milliards Fmg ? A-t-il servi à des tractations judiciaires en vue de sa libération et politiques dans le cadre de la campagne électorale ?

Sur le plan politique , on se demande à juste titre si le gouvernement dirigé par un Premier ministre choisi par Andry Rajoelina a joué un rôle dans cette libération. Sinon, tout a été-t-il ficelé avant la démission de Hery Rajaonarimampianina ? L’avenir proche nous dira, en tout cas, si Claudine Razaimamonjy reste fidèle à Hery Rajaonarimampianina ou rejoindra Andry Rajaoelina.

Quant à la Justice, le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo plus particulièrement, la crédibilité est sérieusement affectée par ce verdict. Boudé par les Magistrats qui ont faiblement répondu à l’appel d’offres, le PAC  a été finalement constitué. Discrètement, il a repris tous les dossiers traités par le Bianco et transmis à la Chaîne pénale anti-corruption qui n’ont pas été encore jugés.  Actuellement, on apprend par exemple qu’un dossier impliquant le ministre Andriamandavy VII,  lorsque ce dernier était encore à la tête du ministère du Tourisme, a été repris par le PAC. Les observateurs croyaient alors que la lutte contre la corruption a pris un nouvel élan avec le PAC et que personne ne passerait les mailles du filet anti-corruption en cas de délit.  C’est la douche froide pour l’IGE et le Bianco.

Dans la logique de la procédure, on s’attend à une action récursoire de la part de Claudine Razaimamonjy. 18 mois d’incarcération sans être condamnée marque une citoyenne et surtout une femme d’affaires. Il serait donc tout à fait normal que Claudine Razaimamonjy este en justice pour ce long  emprisonnement sans cause donc et toute la diffamation qu’elle a subie. Combien va-t-elle demander en réparation ?

Sa

 

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