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Hausse des prix des carburants : On est loin de la vérité des prix !

Publié le 13 septembre 2018

Depuis hier, les prIx des carburants ont de nouveau augmenté. Tous les produits ont subi une hausse de 50 ariary par litre, soit 1,2% pour l’essence et 1,4% pour le gas-oil. Une hausse plutôt symbolique eu égard aux prix des produits mais combien importante pour les usagers qui n’arrivent plus à suivre les augmentations successives de prix.

Et pourtant, on est encore loin de la vérité des prix qui a été atteinte en octobre de l’année dernière. Cela a été obtenu grâce principalement à la baisse des cours  du pétrole brut sur le marché international qui se situaient alors à environ 43 dollars le baril, et dans une moindre mesure à un taux de change plutôt favorable à 3000 Ar le dollar. Les prix à la pompe étaient alors de .3670 Ar le litre d’essence et 3020 Ar pour le gas-oil.

Depuis, les deux déterminants des prix que sont les cours du pétrole brut et le taux de change n’ont cessé d’augmenter. La hausse est telle que les autorités ont dû suspendre la vérité des prix pour préserver le clomat social et afin que les effets sur l’inflation ne soient trop importants au point de remettre en cause la stabilité macroéconomique qui est essentiel pour les investisseurs et l’expansion économique.

Aussi au mois de juillet, l’écart entre les prix réels c’est-à-dire ceux qui devraient être appliqués et les prix à la pompe administrés par l’Etat atteint en moyenne 560 Ar par litre tous produits confondus. D’après les explications de l’OMH sur son site, cet écart vient du fait que les cours du pétrole brut appliqué pour la détermination du prix au mois de juillet esf de 54 dollars le baril alors que les prix du pétrole brut sur le marché international est de 76,9 dollars le baril.

Cet écart entre les prix réels et les prix administrés à la pompe doit être versé par l’Etat aux sociétés pétrolières. Quand on sait qu’on consomme environ 70 millions de litres par an de carburants à Madagascar, une subvention de 560 Ar par litre coûterait facilement plus de 3 milliards Ar par mois. Les hausses successives du 1er août et 1er septembre et d’hier réduisent donc cet écart à 410 Ar par litre et très sensiblement les subventions versées par l’Etat.

Rien n’indique que l’on revienne à la vérité des prix car les prix du pétrole brut tendent augmenter fortement. Hier, ils ont encore augmenté à 79 dollars le baril et franchiront certainement la barre des 80 dollars avec l’entrée de l’ouragan Florence sur la côte est des Etats-Unis. Et d’après la presse économique mondiale, il n’y a pas que les éventuels effets de cette catastrophe naturelle, il y a aussi la baisse des stocks américains qui va peser sur la demande mondiale et la baisse de la production toujours aux Etats-Unis. La pression sur l’offre  et donc les prix est d’autant plus importante que les États-Unis menacent de sanctions économiques l’Iran.

Bref, la tendance est haussière et aujourd’hui déjà, les cours du brut ont presque atteint le double de ceux d’octobre quand on appliquait la vérité des prix à la pompe alors que le taux de dollar a aussi augmenté à 3422 Ar en même temps. Dans ces cas, qui osera imaginer la vérité des prix ? En tout cas, ce dont on remarque est qu’au fur et à mesure de l’augmentation des prix des carburants, le parc des transporteurs s’améliore et s’agrandit en même temps. Pareil pour les stations services des compagnies pétrolières. Leurs marges seraient-elles très confortables?

Sa

 

 

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