La Gazette de la grande ile

Publi-reportage : IEM, les huit priorités absolues pour redresser Madagascar (suite)

Publié le 14 septembre 2018

Lors du premier forum international sur l’Initiative pour l’Emergence  de Masagascar ou IEM au mois de mai dernier dans la capitale à Antananarivo, il a été admis que la gestion transparente et responsable des ressources naturelles, économiques, financières et humaines dans des buts équitables et durables est un passage obligé pour Madagascar. Les participants ont unaniement reconnu la nécessité d’une bonne gouvernance politique, c’est-à-dire à un contrôle strict et une formation adaptée du personnel politique.

Si on choisit pour référentiel le COMESA et pour classement celui de l’Institut Mo Ibrahim, Madagascar est dans la moyenne en terme de sécurité et de règles de droit, de participation et de droit humain. Il est en revanche en dessous de la moyenne, en terme d’opportunités économiques et de développement humain.

Des initiatives à l’image de celles initiées par Richard BOUCHER, ancien Secrétaire d’Etat américain et panéliste lors de ce 1er Forum International de l’IEM dans le domaine de la bonne gouvernance sont des pistes intéressantes à explorer. « CleanGovBiz » est en effet une boîte à outils disponible pour une administration désireuse d’améliorer ses indicateurs en terme de gouvernance. Pour appuyer cette solution, l’implémentation d’un système d’e-gouvernement a été défendue par le public.

La bonne gouvernance inclut nécessairement la lutte contre la corruption, condition sine qua non d’un véritable Etat de droit. La question de la sécurité ne peut être dissociée de ces priorités fixées. De l’effacité des stratégies conçues ainsi que des actions à mener pour y parvenir dépendent également la réussite du combat à mener pour venir à bout du fléau de l’insécurité qui a atteint une ampleur phénoménale ces quatre dernières années.

5) LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Il faut admettre que la corruption est la première cause de notre retard de développement. Elle est trop présente dans tous les domaines, l’administration publique, la justice, les forces de l’ordre et même dans des secteurs insoupçonnés comme l’éducation et la santé. C’est inadmissible. “Est-il juste que nos jeunes diplômés, malgré leurs compétences intellectuelles et leurs niveaux d’intelligence, doivent payer pour réussir aux concours administratifs? N’est-ce-pas ce système corrompu qui n’a que trop duré qui est la cause de la médiocrité que nous vivons tous les jours dans la fonction publique et même désormais dans le secteur privé?” S’est interrogé Andry Rajoelina lors de son discours au Palais des sports de Mahamasina le 1er août 2018.

“Pourquoi devons-nous nous complaire à cela? Je vous le dis, notre pays et son peuple ne méritent pas d’endurer cette corruption généralisée. La lutte contre la corruption sera une cause nationale durant le quinquénat” a-t-il promis avec toute la détermination dont il était capable. Le candidat n°13 à l’élection présidentielle a annoncé la couleur “la lutte se fera à tous les niveaux à commencer par les plus hauts responsables étatiques. La période où seuls ceux qui se trouvent en bas de l’échelle servent systématiquement de bouc-émissaires est révolue. “Tous responsables sans exception à tous les niveaux devront désormais répondre de leurs actes”.

Pour y parvenir, l’IEM a fait appel à des experts des pays étrangers qui ont réussi la lutte contre la corruption menée dans leurs pays respectifs, mais aussi des experts malgaches de la bonne gouvernance. Ils sont prêts à mettre leurs expériences au service de cette cause qui fera appel à la volonté et à la mobilisation de tous les citoyens malgaches. “L’Etat n’hésitera pas à se donner les moyens de ses ambitions dans cette lutte qui sera un combat acharné”. Des secteurs pilotes tels que la justice et l’administration publique sont déjà identifiés. Le plan d’action a déjà été élaboré et est prêt à être mis en oeuvre.

6) LA SECURITE

Il est clair qu’il n’y a “aucun développement sans sécurité”. Ce problème est un obstacle majeur à la productivité à Madagascar. Les grandes villes commes les campagnes sont toutes devenues des zones rouges. Il faut reconnaître que la majorité de nos éléments des forces de sécurité font tout leur possible pour défendre les citoyens et leurs biens. Pourtant, ils manquent cruellement de moyen et de soutien de la part des politiques. D’autant plus qu’on ne peut pas faire semblant d’ignorer qu’il y en parmi eux qui se rendent complices voire commanditaires des grands actes de banditisme.

On ne peut pas non plus fermer les yeux sur l’existence de réseaux qui s’étendent jusque dans le milieu judiciaire. Les solutions à proposer ne peuvent ainsi pas se cantonner à des opérations ponctuelles sur le terrain. Bien qu’indispensables pour venir au secours des paysans qui n’en finissent plus de subir les attaques des dahalo dans leurs localités, détruisant impitoyablement toute leur vie, leur gagne-pain et même leur dignité humaine avec les viols et sevices extrêmement humiliants affligés aux femmes et aux enfants, elles ne suffisent pas pour totalement éradiquer le phénomène. La lutte doit être pensée de façon globale et menée de manière pragmatique, elle doit aussi et surtout concerner l’éradication du phénomène sur toute la chaîne, des hommes de main ou les dahalo sur terrain jusqu’aux dahalo au col blanc dans les structures étatiques, dans la justice et jusqu’au sommet de l’Etat s’il le faut. C’est un pari qu’il faut gagner.

En conséquence, “notre priorité sera aussi bien de rétablir la fierté et la dignité des femmes et des hommes en uniforme en leur apportant tout le soutien matériel et moral nécessaires, que de restaurer la confiance de tous les citoyens dans la réussite des actions menées pour pérenniser les résultats obtenus” affirme le fondateur de l’IEM. (A SUIVRE)

 

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