La Gazette de la grande ile

EDITORIAL : Sommet de la Francophonie, Michaelle Jean est perdue…

Publié le 11 octobre 2018

Rien ne peut plus sauver la Canadienne Michaelle Jean, secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif). Sa position était déjà critique depuis le soutien du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine à sa rivale Louise Mishikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda. Echelon décisif hier, le Canada a retiré son appui à Michaelle Jean et a déclaré vouloir se rallier au consensus arrêté lors du sommet. Le consensus, c’est le choix porté par presque toutes les forces de la Francophonie à la ministre rwandaise. Selon toute vraisemblance donc, même si Michaelle Jean ne retire pas sa candidature, il n’y aura pas de vote. Le nom de la « gagnante » sera annoncé vendredi, dernier jour du sommet, à la tribune de ces assises qui s’ouvrent ce jour à Erevan (Arménie).

On ne reverra probablement donc plus Michaelle Jean à Madagascar, pays où elle s’est rendue à plusieurs reprises dans le cadre des préparatifs et de l’organisation du sommet de la Francophonie à Antananarivo (novembre 2016). Lors de ces allées et venues, elle est devenue l’amie  presque intime de Hery Rajaonarimampianina et de Béatrice Atallah, ministre des Affaires étrangères. Dans les assemblées générales où elle était présente (Nations Unies et Union africaine), elle s’installait aux côtés de Hery Rajaonarimampianina, président en exercice de la Francophonie, faute d’un emplacement réservé à l’Oif. Demain, quand Michaelle Jean aura perdu le secrétariat général  à Erevan, les membres du trio inséparable de 2016 auront été écartés de leurs postes : Atallah Béatrice a été limogée en août 2017 et Hery Rajaonarimampinina a démissionné le mois dernier. Le dernier séjour de Michaelle Jean dans l’île remonte au 30 avril dernier, quand elle s’est posée en médiatrice de la Francophonie dans la crise politique de la Place du 13 Mai.

A.R

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