La Gazette de la grande ile

Election présidentielle : On a toujours dit qu’ils se valent

Publié le 12 octobre 2018

N’en déplaise aux inconditionnels des trois derniers dirigeants,  ils se valent et les arguments des uns sont exactement pareils que ceux des autres. Un point sur lequel ils se ressemblent dans tous les cas, est leur implication dans les trafics de bois de rose. Les ardents défenseurs de Rajoelina mettent tout sur le dos de Ravalomanana et taisent volontairement le fait que durant la transition, leur “maître” n’a pas pris la peine dès le début de la transition de promulguer un texte qui l’interdit. Bien au contraire, en légiférant à tout va par ordonnance, il a laissé faire et a même facilité le trafic pour permettre à son entourage proche et famille de s’en donner à cœur joie. Rajaonarimampianina l’a poursuivi jusqu’à ce que le premier ministre Ravelonarivo a pris le taureau par les cornes en demandant à son équipe de travailler le plus rapidement possible sur ce qui est aujourd’hui la loi portant lutte contre les trafics de bois de rose et d’ébène. Les trois sont responsables au même niveau, aussi bien celui qui a commencé à donner l’autorisation, que celui qui l’a allègrement poursuivi, que celui qui a attendu que son Premier ministre prenne l’initiative de faire cesser l’hémorragie.

Un autre point sur lequel également les trois se valent et utilisent les mêmes arguments, c’est l’irresponsabilité ! Quand les chiffres sont vaguement bons, ils font preuve chacun d’un nombrilisme aigu, quand leur bilan à chacun est indéfendable  -et c’est le cas pour chacun d’eux-  c’est à cause de la situation héritée de l’autre. Ravalomanana estime qu’il a hérité d’un pays dans un état catastrophique laissé par Ratsiraka, Rajoelina estime qu’il a hérité d’un pays à l’économie catastrophique laissé par Ravalomanana qui plus est un Etat non reconnu par la communauté internationale, Rajaonarimampianina estime qu’il a hérité d’un pays catastrophique avec une transition qui s’est éternisée. Ils ont probablement tous raison sauf qu’aucun, absolument aucun, n’a eu l’honnêteté intellectuelle -tant prônée par leurs partisans – de ne pas bénéficier des largesses que des textes farfelus octroient aux chefs d’Etat ou anciens chefs d’Etat et d’œuvrer honnêtement pour le bien du pays. Bien au contraire, chacun se la ramenait sirènes hurlantes, s’estimant important et emprisonnant ceux qui osaient manifester leur désaccord ou limitant toute velléité de protestation en verrouillant les lieux censés être lieux d’expression de la démocratie. Les trois se valent exactement et les arguments de leurs ardents défenseurs sont exactement les mêmes… aucun des trois n’a reconnu publiquement son incompétence.

Au contraire, ils excellent dans le “ce n’est pas moi,  c’est l’autre ou l’autre aussi !” Heureusement qu’il y a des électeurs qui ont dépassé la passion aveugle et qui écoutent les autres candidats, car le choix éclairé est celui qui ne dit pas “c’est le moins mauvais”, ce n’est pas à leur âge que les trois qui se valent vont changer… Aigris, ils ne changeront pas. C’est dans les contes de fée pour enfants que les gens changent du tout au tout : “les crapauds se transforment en prince quand les princesses les embrassent”. Ils ne prendront jamais un virage à 360 degrés après avoir chacun mis le pays à genou et sans reconnaître qu’ils sont chacun, les seuls responsables.

D.R.

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