La Gazette de la grande ile

Période de soudure : Hausse progressive des prix du riz

Publié le 15 novembre 2018

Dans l’ensemble, les prix de cette dernière semaine du mois d’octobre sont presque les mêmes par rapport à la semaine du 22 octobre, mais poursuivant vers une hausse progressive, étant toujours dans la période de soudure.

Le prix du paddy a gardé sa fermeté par rapport à la semaine précédente, une légère hausse de 10 Ar/kg en moyenne a été toutefois observée cette semaine. Pour les riz blancs locaux, les prix ont été également relativement fermes. En effet, le « Vary gasy » est disponible à 1855 Ar/kg en moyenne courant la semaine du 22 octobre. Le riz « Tsipala » a accusé une hausse de 24 Ar/kg, vendu cette semaine à environ 1870 Ar/kg. Le riz « Makaolioka », pour sa part, a gardé le même prix que la semaine dernière, soit 1955 Ar/kg. Enfin, pour le riz importé, une légère hausse de 28 Ar/kg a été observée, vendu sur le marché national, en moyenne à 1787 Ar/kg.

Dans les grandes villes, la rareté du riz sur les marchés respectifs a été ressentie, par rapport à la forte demande. En effet, les prix ont haussé cette semaine dans la majorité des grandes villes, en particulier pour Toamasina qui accuse 150 Ar/kg de hausse, ramenant le prix moyen à 1850 Ar/kg. On a également observé une hausse de 50 Ar/kg à Fianarantsoa (en moyenne 1975 Ar/kg). Pour la capitale, la hausse est de l’ordre de 45 Ar/kg, soit un prix de 1932 Ar/kg. Sinon côté riz import, le prix moyen est à 1669 Ar/kg, soit une hausse de 36 Ar/kg.

Dans les zones en difficultés alimentaires, certaines localités ont gardées un prix ferme par rapport à la semaine du 22 octobre. Dans d’autres districts comme Ambovombe Androy et Manajary, les prix poursuivent leur progression aux hausses, dues au volume de l’offre limité par rapport à la demande. A Farafangana, cependant, suite à l’arrivée progressive du riz venant des localités voisines sur marché, les prix ont commencé à baisser cette semaine là-bas.

Enfin par rapport à la même période en 2017, les prix de cette semaine ont affiché une tendance partagée. Le prix du paddy et celui des riz imports de cette semaine sont en dessus de celui d’il y a un an, tandis que les prix des riz blanc locaux de cette semaine sont au dessous de ceux de 2017.

Dans ce contexte, .esperanzajoiedesenfants.org/ rappelle qu’à  Madagascar, entre la médiocrité du rendement des cultures (particulièrement le rendement du riz cultivé par 90% des 12 millions d’agriculteurs malgaches avec un rendement de seulement 4 à 6 tonnes par an et par hectare), et la récurrence des calamités (intempéries tels les cyclones, pluies diluviennes dans les hauts-plateaux ou sécheresse dans le sud, ou encore invasions de criquets…), cette période de soudure est régulièrement une période très difficile pour la majeure partie de la population. L’alternative est évidemment l’importation de produits alimentaires, un paradoxe coûteux pour un pays comme Madagascar qui devrait être auto-suffisant sur le plan alimentaire si la formation des paysans et les infrastructures étaient adaptés, et une solution inaccessible pour la plupart des malgaches au regard de leur pouvoir d’achat… et donc une situation de carence alimentaire aggravée. La période de soudure se traduit donc par une période de spéculation et de hausse des prix, particulièrement du riz l’aliment de base de chaque malgache.

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