La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE : Flash-back sur des évènements récents

Publié le 07 décembre 2018

Il y  a  exactement trois mois, le 7 septembre 2018,  soit 90 jours  aujourd’hui, le premier président de la 4ème République  démissionne le plus officiellement  du monde. Démarche  répercutée  en  boucle par toutes les  stations  télé et  radio  ainsi  que  des médias du  reste  du monde. Pour  un  évènement  çà en  était  vraiment un,  surtout  qu’elle  se passe dans le cadre  d’un processus  électoral dicté par la mise  en place d’un  gouvernement  de  consensus dicté par la plus  haute juridiction du  pays après le  coup  d’Etat du 21 avril  dernier conduit par quelques  députés et des  syndicalistes portant  « gilets  rouges ». Le paysage médiatique de toute l’île  a d’abord été perturbé par une période pour laquelle  RFI  faisait  état d’un  « manque de communication et le flou entretenu par la présidence jusqu’au dernier moment concernant le départ du chef de l’Etat a inquiété certains observateurs. Ils craignaient qu’Hery Rajaonarimampianina repousse sa démission. Des critiques que le chef de l’Etat a balayées d’un revers de la main, ce vendredi soir. »

Comme pour  démentir toutes les  extrapolations le concernant, Hery Rajaonarimampianina s’est jeté à l’eau  avec l’applaudissement de la Communauté internationale et l’Union  Africaine qui trouve là « un acquis  à  consolider ».  Ramtane Lamamra, Haut représentant de l’U.A , de passage  dans la capitale malgache avait même souhaité un  apaisement  pour «que le climat politique positif continuera jusqu’à janvier prochain. » Conformément à la Constitution le président du  Sénat nommé par le président sortant s’installe  et «exercera les attributions présidentielles courantes jusqu’à l’investiture du nouveau président ». Malgré les tapageuses  contestations  du  collectif  des 25 députés  qui  exigeant le report pur  et  simple de  cette  élection  anticipée  et  visiblement  mal préparée, les  votes  ont  eu lieu à la date prévue le 7 novembre 2018. Avec toutes les  doléances et les récriminations politiciennes  sur les irrégularités, anomalies  et  tromperies constatée bien  avant le  jour de l’élection. Jusqu’à  ce jour, personne ne peut  dire  que  tout va  bien. quand la population à  travers les commentaires  de  bouche à oreille de la majorité  silencieuse ne  cache plus  qu’elle a  avalé  de  travers  ce constat souverain  de la Haute Cour Constitutionnelle inséré dans l’arrêt n°11-HCC/AR du 28 novembre 2018 à propos de cette pirouette du juridisme de  circonstance  qui  affirme clairement «Que prises ensemble ces  infractions et irrégularités ne  constituent pas, tant  en volume qu’en  nature, un motif de nature à annuler l’ensemble des opérations  de  vote »(…) pour faire  annuler l’ensemble du  scrutin au niveau  national, les irrégularités constatées doivent  être d’une ampleur telle qu’elles pourraient changer l’issue du scrutin. » A partir ce  cette clarification  douteuse, quel que  sera le  résultat  définitif accouché après le  2ème tour de  cette  élection  présidentielle, on peut dire  que la messe  est  dite. Il ne  faut pas  se faire des  illusions  sur les  conditions  qui enfanteront le prochain président de la République. Dans les  cris  et  grincements  de  dents…Le pays  va  avoir  droit à la consultation  électorale la plus  agitée de  toute l’histoire de Madagascar. Et  pour  cause les joutes oratoires véhémentes de ce début de campagne d’un  véritable affrontement  sans merci entre  2 natifs  de l’ «Imerina (la région autour de Tana) » ne présagent rien  de  bon…Les multiples  révélations sur  les agissements passés des  deux  candidats répercutées par leurs organes médias respectifs interposés ne  sont pas  que  de simples  délations destinées à laver les linges  sales  en public. Côté vocabulaire et  noms  d’oiseaux  et  crustacés, l’électorat  ne  sait pas  encore  tout, mais à l’allure  que  prennent les  échanges verbaux, les  deux  antagonistes  en lice rêveraient  de la pire fin  de  carrière politique pour l’autre. Virtuose  des  formules  qui choquent, Marc Ravalomanana ne  rate  aucune  occasion pour  remettre  sur le tapis  ses  malheurs  de « président  déchu » par un  débutant en politique. Dopé par le prestige d’une lutte populaire  légitime de  tout un peuple horrifié par la  tyrannie et les  abus de l’exercice des  prérogatives  du patron  de l’empire Tiko,  en  face  Andry Rajoelina gère son  avantage charismatique.  Sur le terrain  surtout que les  faits  qui lui sont reprochés n’ont pas la même ampleur et la même gravité que les  exploits désastreux de celui qui offert à DAEWOO  et d’autres  des étrangers  sur un plateau  d’argent nos richesses et les périmètres  exploités par QMM  et Ambatovy au préjudice  des intérêts supérieurs  de la  nation.  En se  basant  sur les ingrédients d’un pareil contexte conflictuel entre  deux personnalités irréconciables, cette  fois « le redoutable problème des antagonismes ethniques côtiers-merina » va  jouer et tranchera pour éliminer « l’inoubliable  bourreau de l’an 2002. ». Un analyste  fameux  avait bien  saisi la  situation  actuelle  avant même que les  acteurs la  vivent en  disant «Rajoelina donne un coup de vieux à Ravalomanana,… » Constat fort  réaliste  et  d’actualité  quand l’autre se  donne  en  spectacle  dans ses  récitals de petites phrases  assassines  qui n’ont  rien  à  voir  avec les détails  d’un projet de  société.  Par  ailleurs, les  électeurs connaissent  trop  bien  ses  fréquentes colères de despote qui n’accepte que la pensée unique de la dictature égoïste et  cruelle d’un  Ramose. A la longue liste  de  ses proies  et  victimes, vient de s’ajouter le  décès  récent  d’un  certain colonel Van Dam, durement esquinté par une horrible  détention, pour qui ses  sicaires  avaient réservé les tortures de ce tristement célèbre mouroir de Tsiafahy après les  évènements  de 2002…Repose en paix, cher héros de la juste lutte contre le juste de l’oppresseur Marc Ravalomanana. Et  dire  que des hommes  d’affaires  étrangers complices de  surcroît  complotent  dans l’ombre pour installer  cette personne  honnie au pouvoir.

 

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