La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE : Le  retour aux affaires de Marc Ravalomanana ?

Publié le 15 décembre 2018

Au  début de l’année 2002, le promoteur de l’empire industriel laitier TIKO était  déterminé à prendre le pouvoir. Compte tenu du contexte politique de l’époque,  sa chance de vaincre au  second tour l’Amiral Didier Ratsiraka le président sortant était  très improbable. Il se lance alors dans un mouvement insurrectionnel  soutenu par quelques magistrats  félons  et parjures pour  s’autoproclamer ensuite Président de la République avec une investiture bidon le 22 février 2002. Un article de Médiapart de l’époque  nous  rend  compte  que « Cette investiture illégale n’est pas reconnue par la communauté internationale qui dénonce un Coup d’Etat. Sous l’égide d’une équipe de médiation sénégalaise et béninoise sont signés les Accords de Dakar qui prévoient l’organisation d’un second tour sous la forme d’un référendum dans les six mois pour départager les deux candidats. Cependant, ces accords ne sont pas respectés et Madagascar est divisé en deux ; … » Et c’est le  coup  d’envoi de  toute une série d’évènements illicites du règne d’une  voyoucratie  oligarchique qui marquera jusqu’à nos  jours les années successives d’alternances extraconstitutionnelles très  dures à  vivre pour la population. Aujourd’hui encore parce  que le même individu s’obstine à rempiler à la tête de l’Etat, c’est plutôt à  cause d’une  fixation mégalo à son  goût « de l’argent et aux intérêts de l’homme d’affaire qui est resté PDG de Tiko ». Tout le  reste n’est que  verbiages leurres et ruses machiavéliques pour arriver à des  fins cupides et hautement catastrophiques  et préjudiciables pour les intérêts  supérieurs de la  nation.

Tout  au long de  cette  course à la présidence  qui oppose au  second deux grandes  fortunes de la capitale, les observateurs et les médias comme la source  citée ne peuvent pas oublier les mauvais  souvenirs d’un parcours chaotique de l’homme  d’affaires qui refuse toute  idée de libéralisme. «  Entre 2002 et 2008, alors qu’il dispose des pouvoirs exécutif et législatif, la quasi-totalité des marchés publics ont été attribués à Tiko, pénalisant une grande partie des entreprises locales et le tissu économique malgache. Obligées de mettre la clé sous la porte, les Papeteries de Madagascar (PAPMAD) dirigées par Patrick Ratsimba Rajaonary ont fait faillite et le chiffre d’affaire des établissements Ramanandraibe a été divisé par 4, laissant des dizaines de Malgaches au chômage. Marc Ravalomanana a attribué à Tiko les grands travaux de bitumages à Tana, détaxe les huiles commercialisées par l’entreprise en 2005, et s’approprie de nombreuses entreprises telles que Somacodis, Sinpa, Sice. Enfin, il a toujours refusé de transmettre sa déclaration de biens à l’organisme qu’il a lui-même créé, le Bianco » Et c’est  justement la crainte du retour d’un pareil prédateur dans le  sens le plus propre du mot que les personnes  de  bonne foi paniquent  tous à l’idée de  revoir l’Ogre d’Imerikasinina revenir  au pouvoir.  Or,  selon Guillaume  Lafargue dans son  article publié par Médiapart avec le mélange  explosif destructeur de  l’Argent, poigne  et pouvoir « Bien décidé à faire son retour à la tête du pays, Marc Ravalomanana dépense sans compter auprès du cabinet sud africain Meropa Communications et de son conseiller Peter Mann pour son lobbying et sa communication afin de se « refaire » une image policée, respectueuse. Il tente de charmer les chancelleries, à l’image de la française où il s’est rendu lors de la fête du 14 Juillet. Il voyage aussi à Paris où il tente d’être reçu, sans succès, par le Directeur Général de l’AFD. Ses efforts auprès de la France s’expliquent par les relations houleuses qu’il a entretenues avec l’hexagone. Tout au long de son second mandat, il n’a cessé d’alimenter une certaine haine de la France. Il se  déplace  beaucoup  aussi ( au Danemark, au  Canada  et  aux Etats-Unis). « Il fait faire un film qui tente de refaire l’Histoire de 2002 et 2009. Un narratif positif est communiqué aux médias où il se présente comme une victime d’un coup militaire en 2009…Les éléments de langage, pensés à Johannesburg et diffusés aux journalistes, ne trompent cependant personne ». Le  reste  du monde  et la communauté internationale peuvent  râler sur le mouvement qui  a chassé Marc Ravalomanana le tyran  du pouvoir, mais  toujours  est-il  que tout ub peuple ne peut nier que c’est parce qu’Andry  Rajoelina  a eu le courage de  conduire la lutte populaire  de la Révolution  Orange que les  années sombres de la dictature des  Tiko-boys a pris  fin. Et c’est la pire chose qui pourrait  arriver à  ce pays si «…le bourreau d’hier » devient  le « nouveau Président de la République » à la faveur de la complicité  de l’ingérence diplomatique mafieuse étrangère. Dans sa  folle  ambition de  revenir au pouvoir, lui  et ses moutons  de P                  anurge  ne savent plus quoi inventer pour salir son  jeune rival. L’analyste  Guillaume Lafargue  se  demande « Est-ce parce que Marc Ravalomanana est un nouvel homme porteur de grandes idées pour son pays ou bien parce que les affaires vont mal et qu’un petit coup de pouce ne serait pas de refus ?  Un grand coup  de pied au cul et dans sa  gueule enfarinée oui !Ayant suffisamment  souffert des tueries cruelles  de l’an 2002, des  abus, des vols caractérisés et des braderies désastreuses des  ressources  nationales, le peuple ne voudra  jamais, au  grand  jamais  « donner une seconde chance à Marc Ravalomanana ». Surtout que « Les plaies causées par les crises de 2002 et 2009 sont encore ouvertes ».

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