La Gazette de la grande ile

Exit Poll : A interdire absolument !

Publié le 15 décembre 2018

Exit Poll sera de la partie mercredi prochain, jour du scrutin. Telle est l’annonce faite par la direction de cet organisme dont le siège se trouve à l’étranger. Le jour du vote, les agents (masculins ou féminins) d’Exit Poll écument les centres de vote, généralement la cour des écoles primaires publiques, et réalisent des enquêtes auprès des votants. Vêtus d’un beau t.shirt frappé du nom de l’organisme, ces agents attendent les électeurs à la sortie du bureau de vote et leur posent des questions dont la première est celle-ci : « Pour qui avez-vous voté ». Pour mieux décider les votants hésitants, ils se disent mandatés par la Ceni et sortent d’ailleurs une photocopie d’une autorisation portant le cachet de cette institution. Lors du vote du 7 novembre dernier, certains de ces agents ont failli être lynchés par la foule à Ambatondrazaka et dans la capitale. Pour cette raison, la Ceni fut contrainte, le jour même du scrutin, d’annoncer par voie de radio le retrait de  l’autorisation accordée à Exit Poll. Pourquoi les agents de cet organisme ont –ils failli subir une vindicte populaire ? D’abord car les électeurs ont estimé qu’ils violaient le secret du vote. Ensuite car on ne sait à quelles fins seront utilisées les données collectées auprès des votants. A une certaine époque de notre histoire, des électeurs ont été sévèrement inquiétés pour le vote qu’ils ont réalisé, et ce souvenir cuisant est resté dans les mémoires.

Le pays a intérêt à ce que le scrutin de mercredi se déroule dans une atmosphère de sérénité et d’apaisement. Exit Poll, qui pourrait créer des incidents en plusieurs points du territoire, devrait être interdit d’activités ce jour-là.

A.R

Lire aussi