La Gazette de la grande ile

Régions du Sud : Un  projet sera exécuté sur 5 ans, soit de 2019 à 2023

Publié le 09 janvier 2019

Le faible développement et la vétusté des infrastructures de transport restent l’un des premiers freins au développement des échanges de Madagascar avec les autres pays membres du Marché commun de l’Afrique de l’Est et Australe (COMESA), de la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC) et de la Commission de l’Océan Indien (COI) et, par conséquent à la promotion de l’intégration régionale note le groupe de la banque africaine de développement. Le réseau routier du pays n’a quasiment pas connu d’évolution majeure au cours des dix dernières années, du fait entre autres, de l’impact de la crise politique de 2009-2013. Seulement 24,6% du réseau revêtu est en bon état. Selon l’index 2018 de développement des infrastructures en Afrique, publié par la Banque, Madagascar n’obtient qu’un score très faible pour le transport, de 3,01 points sur 100. Le transport de marchandises est estimé à environ 8 millions de tonnes par an dont 3 millions de tonnes d’échanges intérieurs de produits agricoles locaux, 1,5 millions de tonnes de distribution intérieure de marchandises importées et, 3,5 millions de tonnes au titre des échanges avec l’extérieur de marchandises sèches, dont 1,5 millions de tonnes de marchandises conteneurisées.

L’amélioration de la connectivité des systèmes de transports entre les zones de production et les points d’exportation (ports et aéroports) tournés vers les pays de la sous-région, reste donc un élément clé pour accroître le commerce et l’investissement dans le cadre de l’intégration régionale. Le projet sous examen, se propose de lancer les jalons d’un développement du réseau routier dans la partie Sud du pays (à ce jour la plus enclavée de la Grande Ile), lequel réseau est relié à des ports potentiellement importants sur deux façades maritimes à savoir : le Sud-Ouest avec le port de Tuléar et le Sud-Est avec le port minéralier d’Ehoala. Ces deux ports ouvrent le pays respectivement sur le Canal du Mozambique et sur les pays de l’Océan Indien.

Le projet sera exécuté sur 5 ans, soit de 2019 à 2023. Et selon toujours l’identique source, il permettra de désenclaver les régions du Sud de Madagascar, ouvrant ainsi une vaste région au potentiel agricole très important, sur le reste du pays et par les deux ports maritimes (Ehoala et Tuléar) une ouverture sur les pays du COMESA et l’Océan Indien…

Ce projet qui sera la treizième opération financée par la Banque dans le secteur des transports à Madagascar, profitera de la bonne connaissance que ses experts et sa représentation nationale ont du secteur en particulier dans la région concernée. La réalisation de la composante de facilitation du commerce et appui institutionnel, renforcera en même temps les aspects de croissance inclusive d’une part et d’intégration régionale, d’autre part. La croissance inclusive sera réalisée par le développement des chaines de valeurs autour des produits agricoles, dont regorgent à certains endroits les deux régions, créant ainsi des revenus substantiels aux populations locales, tout en développant leurs capacités. En outre, l’intégration régionale sera développée par les échanges commerciaux sur trois des CERs auxquelles Madagascar est membre : COI, COMESA et SADC. De plus, les études des principales composantes du projet qui ont également été réalisées dans le cadre du précédent Projet routier dans les provinces de Toliara (Tuléar) et de Taolagnaro (Fort Dauphin), garantissent une meilleure mise en œuvre du présent projet. Celui-ci permettra de valoriser les impacts des interventions antérieures et en cours de la Banque, notamment dans les domaines de l’agriculture et de la pêche.

Pour le groupe de la banque africaine de développement, le manque d’infrastructures routières pour faciliter le commerce et la connectivité, les niveaux élevés de pauvreté et d’inégalité, le haut niveau du chômage, la vulnérabilité aux catastrophes naturelles (sécheresses, inondations et cyclones) et le changement climatique, ainsi que l’absence d’opportunités économiques, sont les facteurs-clé de fragilité dans la zone du projet.

En ligne avec la Stratégie de la Banque, sur les questions de fragilité et de résilience en Afrique (2014-2019), le projet a été conçu dans le but de promouvoir des actions pouvant agir sur la fragilité et le développement de mécanismes permettant de renforcer la résilience du pays. La construction d’infrastructures routières améliorera le commerce, la connectivité ainsi que l’intégration régionale, tout en résolvant les problèmes liés à l’exclusion sociale, les inégalités et la pauvreté. Le projet appuiera les communautés vulnérables en leur procurant de sources stables de revenu, une sécurité alimentaire soutenue, ainsi qu’une expansion des opportunités économiques, de façon spéciale pour la jeunesse et les femmes.

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