La Gazette de la grande ile

Edito : Le Président de Madagascar

Publié le 10 janvier 2019

La HCC a prononcé de manière officielle les résultats des dernières élections présidentielles. Comme n’importe quelle décision de justice, celle de la HCC ne fait pas toujours l’unanimité, surtout qu’elle nous avait habitué à  des “innovations étranges” – on se souvient des différentes décisions durant 4 ans déjà-, le fait est que l’ancien président de la Transition est désormais le Président de la République de Madagascar et chacun, aussi bien à Madagascar qu’ailleurs,  quel que soit son bord politique, en prend acte.  La campagne présidentielle a été  particulièrement violente lorsqu’on repense aux invectives lancées, surtout par les partisans aussi bien sur le terrain que sur les réseaux  sociaux. Elle a été virulente également dans les différents outils de communication médiatique, elle a été dominée par le fanatisme, l’obscurantisme et peu d’objectivité. Aujourd’hui, tout ceci est derrière nous, mais des leçons doivent en être  tirées pour les prochaines élections à venir.

Aujourd’hui également, le Président Andry Nirina Rajoelina n’est plus le président du MAPAR, il n’œuvrera pas pour le MAPAR ou pour les gens du MAPAR, mais pour le développement de Madagascar et pour  toute la population, aussi bien ceux qui ont voté pour lui que ceux qui n’ont pas voté pour lui et ceux qui ne sont pas allés voter et ils avaient leur propre raison. Il travaillera non pas pour  les endroits où il a fait le plein de voix, mais pour tout Madagascar,  pour ces endroits éloignés, si peu visités par les chefs d’Etat, sauf lorsqu’ils font campagne et qu’ils y passent au maximum trois heures.

Le président de la République ne travaillera pas seul,  il aura son équipe qui devrait également envisager le pays dans son ensemble, la population dans son  ensemble et l’aider, le conseiller et lui rapporter la réalité crue et non édulcorer la réalité.  Il aura son équipe proche qui ne devra plus agir avec fanatisme en se déclarant  détenteur du pouvoir et en se considérant au-dessus des lois.

Il aura ses électeurs qui vont attendre  la réalisation de ses promesses électorales, il aura ceux qui n’ont pas voté pour lui qui vont observer la mise en œuvre de ces mêmes promesses et il y a de manière générale la population dans son ensemble qui, logiquement, ne donnera pas de blanc seing et surveillera l’utilisation de ce pouvoir  entre les mains des détenteurs de pouvoir. Comme partout, il y aura la période d’observation, l’état  de grâce durant laquelle les critiques ne sont pas de mises, mais cette période ne durera pas 5 ans… et on le sait, la sanction ne se fait pas attendre. Alors, laissons-le travailler et observons, le pessimisme et l’optimisme béat n’ont pas leur place pour  le moment.

Claude Rakelé

 

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