La Gazette de la grande ile

Chronique : Divorce par consentement mutuel Rajao  contre Dame Gasikara

Publié le 11 janvier 2019

Il était  une fois un couple qui  a décidé  de s’unir pour le meilleur  et pour le  pire. Après une période de séduction intense dans le cadre  d’une  campagne électorale intense, le 24 janvier 2013 devant Dieu  et les  ancêtres Rajao a juré pour que «Madagascar redevient la Grande île de lumière et de prospérité(…) Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute.». Tout au long d’un mandat coupé court par une rupture provoquée à cause de multiples  cas  d’infidélité manifeste au grand préjudice de la nation, celui qui aurait dû être le garant du bonheur des enfants de la République n’a pas  su  assurer le bien-être de ces  derniers. Combien de  fois les hommes  d’Eglise ont tenté de raisonner le locataire du Palais présidentiel d’Iavoloha, mais  en vain. Dame Gasikara a  cru bon  de recourir à « l’altération définitive » des liens  constitutionnels l’unissant à ce partenaire volage qui n’arrête pas de contracter des accords unilatéraux avec  des  étrangers lors des périples loin du foyer national. Une élection devant les  urnes  dans les  isoloirs a permis de simplifier et d’accélérer des démarches pour le couple  souhaitant se séparer à l’amiable, pour  éviter les crises de  scènes ménage à  répétition comme celle du 21 avril 2018.

La  rupture consommée  et  constatée par la décision N°18-HCC/D du 25 mai 2018  de la Haute Cour Constitutionnelle  pour « respect et la préservation des fondements de l’ordre démocratique républicain » et le  couple a  trouvé « un accord  équitable et équilibré  concernant leur  convention  de  divorce »  A noter  que  ledit  accord  a fait  couler beaucoup d’encre  et  salive pour la  bonne  et  simple  raison,  dans aucun  respect  du principe  délai de viduité  Rajao avait choisi en  catimini un  autre partenaire  en la personne  de  Christian  Ntsay comme  Premier ministre. Une telle union réalisée sans l’approbation légitime de la population, qui n’était représentée que par une partie minoritaire d’opportunistes trop  pressés  de participer à la  curée et pour jouir des privilèges offerts par la République, avait provoqué un tel  tollé que coup sur  coup  des procès avaient obligé juridictions  saisies à  décider qu’elles étaient « incompétentes ». Pourtant pour  faire aboutir  en  sa faveur en  dénonçant la non publication par le Journal  Officiel  du  décret  de  convocation  des  électeurs, Rajao n’aurait point lésiner  sur les  dépenses en  déboursant des sommes faramineuses. Pas  du  tout  décidé à  accepter l’honteuse issue de  cette  séparation, Rajao voulait  retarder par tous les moyens le  jour  fixé qui permettra à  Dame Gasikara de  choisir un autre partenaire capable d’assurer  des  jours heureux pour elle  et  ses  enfants. A la date prévue pour la  réception des  candidatures pour devenu l’heureux  élu, les  candidats  se  bousculaient  au portillons  qu’il  a  fallu  s’y prendre par  deux fois, pour que la sélection de  deux prétendants les plus méritants(?) définisse  finalement le profil  celui  qui  convolera  désormais  en justes noces  républicaines  avec Dame Gasikara. Le choix  final  a  eu lieu devant les  juges d’Ambohidahy  qui, malgré les derniers  sursauts de harcèlements juridiques d’un mauvais perdant qui  se  sachant  écarté  de la  course avait  usé  de  toutes les stratagèmes possibles pour  barrer la route à son  rival. Invités à se présenter devant l’institution tous ceux  qui auraient pu avoir quelques  raisons, motifs et griefs  de s’opposer à cette  alliance légitime ont  eu  droit à une « irrecevabilité » logique de leurs  requêtes    pour se résigner finalement à «se taire à jamais».  En  faveur  du prochain Chef de l’Etat aux allures de  jeune premier crédité de  l’aura  de la légitimité incontestable du  verdict  des  urnes, la plus  haute juridiction  électorale après une  audience solennelle  déclare l’union de Dame Gasikara consentante à « Monsieur Andry Nirina Rajoelina élu Président de la République. Il prendra ses fonctions à partir de sa prestation de serment en audience solennelle de la Haute Cour Constitutionnelle ». Voici comment Emmre Sari de Jeune Afrique avait  rapporté la suite de cet  évènement qui  restera longtemps mémorable  sur le  déroulement de la  première rencontre du nouveau président élu à Madagascar avec  « près de 600 personnes, dont la plupart des artisans de sa campagne(…). Il est temps de changer l’histoire, a déclaré Rajoelina à son QG de campagne, où il avait prévu une soirée privée à l’issue de la proclamation des résultats. C’est le peuple qui m’a appelé à sortir Madagascar de la pauvreté. Lors de mes meetings, j’ai vu de la pauvreté mais aussi de l’espoir dans les gens. Je vais travailler dur pour le pays. C’est une nouvelle page qui s’ouvre ». Osons  sincèrement espérer  que pour s’investir dans  cette noble détermination patriotique, l’heureux  élu de Dame  Gasikara  fera sien ce réalisme évident qui veut que «pour diriger un État, il faut s’entourer de personnes qui partagent cette vision commune de l’intérêt général. » Et  surtout pas  d’une bande d’énergumènes qui se  vantent d’être bardés de  diplômes et  de  références universitaires alors que  dans leurs planques  de membres  de la diaspora,  ils ne savent même pas que 80% de leurs  compatriotes ignorent  encore  et  toujours l’utilité du papier  « cul »… Dans la  dernière parution de l’hebdomadaire Lakroa, la voix de la Conférence des Evêques de Madagascar,  Léonie Rakotobe a raison  de proposer au nouveau président de la République la nécessité de s’armer de « la volonté politique » dans le cadre de la coopération internationale nécessaire mais lucide et respectueux de la souveraineté nationale. Et son  article  d’ajouter que si «Madagascar  est au plus mal ! Il est plus pauvre qu’en 1960 et en 1980. Le constat est de la Banque Mondiale et date déjà  de  quelques  années.» Pour  s’en  sortir le pays devra selon l’analyste «L’une des  principales conditions  de  rompre cette sorte de maléfice pour un pays n’ayant pas  connu aucune  guerre majeure,  est de  mener des négociations  serrées dans l’élaboration et la mise  en œuvre des  différentes politiques et stratégies sectorielles. Ces négociations  devraient  avoir comme  finalité la  priorisation des  réels objectifs  du pays et la réponses  aux  attentes  des différents  groupes d’acteurs socioéconomiques.(…)Sans  cela, les  bailleurs de  fonds continueront à jouer la carte des politiques et  stratégies  inspirées largement  de leurs propres objectifs.»Il faut donc faire preuve d’une  forte dose  de  volonté politique pour « bien  évaluer la situation et proposer des  solutions réalistes, efficaces et  efficientes.»

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