La Gazette de la grande ile

sentinelle : Alternance démocratique acquise… on n’attend plus que le Wheeling socio-économique…

Publié le 15 janvier 2019

Les élections présidentielles malgaches sont maintenant définitivement clôturées. On a pu assister à un combat d’anthologie où tous les coups étaient permis. Les règles du jeu mal encadré depuis le début de la campagne ont laissé libre cours à tous les débordements de toutes sortes, et ont été exploités sans vergogne par les deux camps politiques en lice durant le deuxième tour de ce scrutin. Malgré les manquements perçus çà et là jalonnant ces élections, nos compatriotes ont montré une maturité qui a dépassé toutes nos attentes par l’acceptation des résultats promulgués par le CENI. A l’issue de cette consultation populaire, les Malgaches s’en sont sortis grandis vis-à-vis de la communauté internationale, en adoptant désormais l’alternance démocratique. On ne peut être insensible à la grandeur certaine de l’homme d’Etat qu’est le perdant de cette joute politique.

Pour cela, il mérite les félicitations de tout un peuple qui lui dit encore MERCI d’avoir fait honneur à Madagascar, en ne tombant plus dans le piège bien africain de mettre à feux et à sang le pays, pour l’avènement d’un dirigeant politique. L’apaisement prôné par les deux leaders candidats augure un bel avenir pour Madagascar.

On souhaite au nouveau Président de la République de réussir dans ses visées apparemment ambitieuses, mais qui nous permettent de rêver au futur d’un pays où il fait bon vivre, et que  la vie mérite enfin d’être vécue. En compulsant les promesses présidentielles, leurs réalisations effectives nécessitent un  changement de mentalité de toute la population. En procédant par une analyse sans complaisance, il est de notoriété que beaucoup de Malgaches sont attirés par l’argent facile. De par ce fait, les employés d’une unité professionnelle n’ont plus de culture d’entreprise, et considèrent leur boulot comme juste un passage obligé, en attendant de meilleures affaires qui se profilent. Ces dernières étant très souvent les vols dans l’établissement même où ils travaillent, des cascades de faillites ou de dépôts de bilans jalonnent le pays, tant dans le domaine public que dans le domaine  privé. Tout cela renforcé par le phénomène du débauchage bien prisé par certains patrons, ce qui ne va pas nous aider à nous sortir facilement de l’auberge de la pauvreté. Ce fléau témoin d’un mauvais état d’esprit qui perdure dans nos contrées, est loin de participer à la réalisation de projets à long terme. Aucune facilité ne sera offerte au nouveau Président pour nous dégager au plus vite de la misère ambiante dans laquelle on vit. Eh oui, changer de mentalité signifie mettre l’accent sur l’éducation qui, comme nous venons de le dire, fait partie des projets à long terme. On ne doit donc pas s’attendre à un changement rapide et radical à moins qu’on utilise un moyen dictatorial de gouvernance, tout en évitant de générer une explosion sociale comme celle des Gilets Jaunes en France.

Sortir de la pauvreté doit d’abord être l’action prioritaire du prochain gouvernement. Cela nécessite une sécurisation du milieu rural qui n’est pas une mince affaire, car les voies et moyens pour y parvenir sont pleins d’aléas. Pour cela, la volonté politique seule ne suffit plus, car il faut s’attirer les bonnes grâces des forces de l’ordre qui seront au premier plan de tout acte militaire engagé contre les délinquants et criminels de tous bords. Le réalisme du terrain, c’est-à-dire les nombreuses pertes en hommes de la grande muette en 2018, doit faire taire la démagogie propre aux politiciens.

Pour ce faire, l’utilisation à outrance de nouvelles technologies comme les drones serait efficient, ainsi que les multiplications d’hélicoptères de combat et de transport de troupes seraient les véhicules idoines aux situations variées qui se présentent vu leur maniabilité avérée. Il faut aussi en finir avec le nivellement par le bas de nos propres concitoyens. En effet, il est factuel de laisser les Indo-pakistanais, les Chinois, les Européens et les Russes s’enrichir outrageusement à nos dépens, et on ne comprend pas pourquoi on fait de l’acharnement sur les Malgaches qui émergent de la pauvreté. Pour en arriver à ces réussites souvent outrageuses, il est vrai que les uns et les autres ont sûrement utilisé des procédés illicites qui passent pour normal chez les étrangers, mais largement décriés pour les Malgaches. Un traitement égalitaire doit être de mise sur tout le territoire et cela sans discrimination d’aucune sorte. Vu les richesses infinies dont regorgent nos sols et sous-sol, ainsi que les multiples possibilités de s’enrichir, on veut maintenant que les Malgaches aient plus facilement accès aux financements nécessaires pour leurs projets. Comme il y a des places pour tout le monde, notre souhait est qu’il y ait des centaines de milliardaires malgaches de souche dans le magazine Forbes. Que ces derniers soient des exemples à suivre, à atteindre, à imiter, au lieu d’en faire des hommes et des femmes à abattre ou à faire absolument descendre de leur piédestal.

Toutefois, on rêve que cette fois-ci, il y ait une continuité effective de l’Etat où les acquis seront pérennisés et valorisés comme il se doit dans une alternance démocratique digne des pays développés. Le peuple n’attend plus que le wheeling socio-économique promis par l’heureux élu…

Max Randriantefy

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