La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE  16 JAN19… : Notre Gbagbo national  sera-t-il jugé un jour ?

Publié le 16 janvier 2019

Lors de cette  cérémonie  solennelle de la rentrée judiciaire hier, tout a  été  passé  en revue (disons presque tout). Au nom de la recherche de  l’intégrité et  dans le  but d’une amélioration de l’image de la bonne administration  de la justice, les  grands cas  qui  avaient  surtout porté  atteinte au prestige du corps de la magistrature ont  été évoqués. Il se  trouve toutefois  qu’entre l’engagement d’une Christine Razanamahasoa en poste à  Faravohitra en  vue d’améliorer l’exercice de  cette noble  fonction de juger et  Noro Vololona Harimisa l’actuelle ministre  de la Justice et  son objectif  «Zéro quoi déjà?», les tribunaux n’ont  guère rassuré les honnêtes magistrats  eux-mêmes, encore moins les justiciables.

A commencer par le limogeage spectaculaire de Robertson  Ranary Rakotonavalona et le processus spectaculaire de l’annulation du concours de l’entrée à Ecole   Nationale de la Magistrature qui restent et demeurent une épine dans le pied du pouvoir en  général. Et lorsqu’on dénonce le déparapage  verbal de la candidate Ernaivo Fanirisoa et  qu’on oublie d’avoir  donné suite aux dénonciations de très précises d’Arfa Houcine cet évadé pas  comme les  autres qui  déclare aux médias «On ne sort pas d’un tel endroit sans complicités. Je l’assume : j’ai été aidé au plus haut niveau de l’Etat malgache. J’ai versé 70 000 € à la ministre de la justice, 30 000 € au procureur en charge de mon dossier.* Cela m’a permis d’être transféré dans un établissement plus souple, et d’être emmené à l’hôpital avec une escorte allégée. Là, mes gardes m’ont emmené jusqu’à la ville de Tamatave. Mais je sentais que le contrat ne serait pas rempli, et qu’on allait m’arrêter à nouveau. Une équipe à moi a pris le relais… », n’importe quel  observateur  sérieux se perd  en conjecture…Pour le  commun  des mortels, le problème reste et demeure en  ce  qui concerne cette tendance à la sélection  naturelle  qui  fait que dans la conduite des  affaires  de l’Etat au niveau  des  juridictions, il  y a trop  du  favoritisme pervers que l’opinion  refuse  d’accepter. Que  dire alors de  ces dossiers pourris  qui concernent des affaires  de  kidnappings résolues à moitié pour épargner certains magistrats plus ou moins mouillés à partir de l’utilisation  de détenus pour les  besoins de ces  crimes abominables Qui ne  souvient pas de ces inculpés « absents » lors  d’un procès ou  de  ces  suspects portés «évadés»… L’opinion garde  encore  en mémoire ces «procédures» douteuses mettant en  cause cette pétasse, Me Nicole Randrianarison,  ancienne conseillère du  président  Rajao qui, après  ses prouesses  extra judiciaires en  faveur  de  trafiquants  notoires de lingots  d’or,  de  bois  de  rose  a  cru  bon  de soutenir le processus de prise  de pouvoir du  nouveau président. C’est  avec des amalgames politiciens et  de retournements  de vestes aussi pernicieux que les choses risquent  de  desservir l’équipe  qui va  se mettre  en place  si…Si  jamais les  chasseurs  de têtes autour d’Andry Rajoelina n’arrivent pas à mettre à l’écart « les jeunes loups aux  dents longues »qui rêvent de devenir riche de  façon  «rapide  et  durable» comme  toujours. Gbagbo  est  finalement  remis  en  liberté, mais  comment  se  fait-il  que  chez nous, aucune juridiction  n’a  cru  bon  de  se  s’intéresser  du  cas  de Marc Ravalomanana avec ses multiples violations  de nos lois  n’a  jamais  été  inquiété ? Et dire que pour le vol  d’un poulet, un  voisin croupit  actuellement  en  détention préventive  en prison… «Toute injustice est un désordre », dixit  Henry de Montherlant.

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