La Gazette de la grande ile

Edito : Affaire Christophe Raineteau, expulsion justifiée

Publié le 11 février 2019

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international initié par la République de Centrafrique, le Français Christophe Raineteau était recherché pour sa participation à plusieurs crimes (atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, assassinats, rébellion, actes de terrorisme et association de malfaiteurs, entre autres). Il a été placé en garde à vue à son arrivée à l’aéroport d’Ivato le 5 février 2019, puis expulsé en France le 9 février 2019. Cette affaire a soulevé plusieurs interrogations auxquelles il convient de répondre.

Tout d’abord, pourquoi Christophe Raineteau a t-il été expulsé vers la France, mais non pas vers la Centrafrique ? La raison est simple. Les autorités malgaches n’ont pas à se prononcer sur le bien-fondé ou non des poursuites pénales engagées par Bangui (capitale de la Centrafrique) contre Christophe Raineteau. Celui-ci a été expulsé vers la France parce qu’il est de nationalité française. Cette expulsion d’un ressortissant français vers la France est conforme aux accords d’entraide judiciaire qui lient la Grande Ile et l’Hexagone. Il n’existe aucun accord de ce type entre la République Malgache et la République Centrafricaine.

Ensuite, après avoir fait l’objet d’une garde à vue de 48 heures à l’aéroport d’Ivato, Christophe Raineteau a été déféré au Parquet d’Antananarivo. Au lieu d’être libéré ou mis en détention préventive en attendant son procès, en application du Code de Procédure Pénale malgache, pourquoi a-t-il été de nouveau placé en garde à vue à l’aéroport d’Ivato, avant d’être expulsé ? Ce prolongement de la garde à vue s’explique, entre autres, par la venue de magistrats centrafricains à Madagascar qui ont tenté en vain de ramener Christophe Raineteau en Centrafrique. Il faut bien comprendre que la justice malgache n’a pas à se prononcer sur la culpabilité de Christophe Raineteau dans la mesure où celui-ci n’a commis aucune infraction pénale sur le sol malgache. Le plus important est que, durant le bref séjour de Christophe Raineteau à Madagascar, ses droits de la défense ont été respectés et il a été soutenu par l’Ambassade de France.

Enfin, que faisait Christophe Raineteau à Madagascar ? Avant de revenir dans la Grande Ile en février 2019, il était déjà venu en décembre 2018. Comptait-il travailler, se cacher ou préparer un acte de déstabilisation ? Qui sont ses contacts à Madagascar ? Ces questions qui méritent une investigation poussée, restent en suspens. En tout cas, la Grande Ile qui a suffisamment de criminels sur son sol, n’a pas vocation à gérer ceux des autres pays. L’expulsion de Christophe Raineteau est la manifestation concrète d’une collaboration efficace entre d’une part, le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la Justice et le Ministère de la Sécurité Publique et d’autre part, entre les autorités malgache et française.

Phil de Fer

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