La Gazette de la grande ile

Députation : Une autre élection à ne pas négliger

Publié le 11 février 2019

Avec une quasi-unanimité, tout le monde s’est accordé à dire que ces élections du second président de cette quatrième république ont apporté un grand changement dans le monde politique à Madagascar. Chacun s’est accordé à dire que les conditions que doit remplir une élection démocratique ont été remplis durant ces élections. Une réalité d’autant plus confirmée par les observateurs internationaux, mais aussi et surtout par les trois candidats qui ont obtenu le plus de voix durant ces élections, lesquels ont tous approuvé les résultats. Ainsi, on a pu dire que c’était réellement la volonté du peuple malgache qu’on a vu apparaître à travers ces élections. Toutefois, la présidentielle n’est pas la seule élection qui nécessite l’intervention directe de la population malgache. Dans un peu plus de trois mois, la population sera de nouveau convoquée aux urnes pour élire les députés qui vont siéger à Tsimbazaza pour les représenter dans l’adoption des lois. Mais ces députés ne feront pas que voter les textes au lieu et à la place du peuple malgache. La constitution de la quatrième république donne également aux députés du parti qui obtient la majorité à la Chambre basse, le pouvoir de proposer le nom du Premier ministre. Ainsi, c’est l’équilibre institutionnel qui est en jeu. En effet, si le parti dont est issu le chef de l’Etat actuel n’obtient pas la majorité à l’Assemblée, il lui serait très difficile de mener à bien les affaires du pays. Cette situation s’est déjà produite durant le régime Rajaonarimampianina qui n’a jamais réussi à obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Ce dernier s’est résolu à faire des manipulations pour créer une « majorité artificielle » à son profit, mais sans jamais obtenir la légitimité sur le plan politique. Les prochaines législatives ne doivent donc pas être négligées par le parti au pouvoir si l’on veut s’assurer de cette stabilité institutionnelle dans le pays durant ce mandat. D’autant plus que les partis qui sont sortis perdants lors de la présidentielle vont surtout essayer de se rattraper aux législatives pour garder leur influence dans le monde politique du pays.

M.R

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