La Gazette de la grande ile

chronique : 2019 l’année du porc, les  saletéset les cochonneries politiques 

Publié le 11 février 2019

Le  Net  est  maintenant  consacré comme  étant une source de référence  acceptable pour ne pas  dire  infaillible. Il nous apprenons par  exemple qu’ «En astrologie chinoise, chaque année est associée à un animal du zodiaque suivant un cycle de 12 ans. Le 5 février, à l’occasion du Nouvel An Chinois, la Chine va donc entamer, pour 1 an, l’année du Cochon de terre. A cet effet, rappelons les autres années en lien avec cet animal 1935, 1947, 1959, 1971, 1983, 1995, 2007, 2019, et 2031. La même source  citée ajoute «Mais que réserve 2019, à plus grande échelle ?(…) Après une année 2018 forte en revendications, provoquées par le côté rebelle du signe astrologique Chien, il sera également temps de se concentrer sur des mesures politiques plus sociales, avec l’humanisme et le bonheur au cœur du débat… même si de nouvelles crises et tensions seront à prévoir en 2019. » La publication  du Net ne précise pas que les prévisions  concernent tel ou  tel pays. Mais  toujours est-il que compte  tenu des  évènements qui ont  eu lieu à Madagascar l’an dernier, force est d’admettre qu’il existe des  coïncidences  suffisamment  frappantes entre les certains faits annoncés et les  réalités vécues…

Trèves de  supputations, regardons plutôt le  contexte local  existant sans pourtant  trop s’alarmer. Après toutes  effervescences et turbulences politiciennes qui ont marqué le pays à partir des  revendications parlementaires de l’année dernière qui  avaient entraîné la  démission  souhaitée par le slogan  «Rajao partez !», le  régime  qui  se met  en place actuellement est  pratiquement condamné à faire  face à  des  obligations politiques  (le pouvoir de légiférer par  ordonnance,  le « changement radical dans la détermination des ordres du jour des conseils des ministres. Désormais, lesdits conseils seront ainsi entièrement consacrés aux véritables problèmes touchant directement le quotidien de la population. Les débats serviront à avancer des solutions pour les résoudre dans les meilleurs délais possibles… ») Sur le  volet  social  et  humanitaire, les actions du  nouveau président  au profit des  victimes  des  aléas  climatiques  et  de l’épidémie de rougeole confirment  bien la  détermination  du  régime à faire  honneur à la parole  donnée lors  de la  campagne électorale de l’an 2018. La présence  de l’ancien président de la Transition devenu depuis un Chef d’Etat élu démocratiquement à la cour des grands à cette  assemblée générale actuelle de  l’Unité Africaine à Addis  Abeba est non  seulement une  revanche de l’histoire, mais une  véritable consécration diplomatique à l’échelle mondiale.

Il est  indéniable  que le  jour de  gloire est  réellement  arrivé pour les meneurs de la Révolution  Orange de 2009, mais il n’empêche que le  système doit  faire  face à  des  défis de  type  mission  impossible à  cause  de la  lutte  contre la corruption, l’insécurité, les  pratiques financières malsaines pour  aboutir à une meilleure  gouvernance. Rapporté par l’agence  officiel TARATRA  du  8 février  dernier «Selon une décision prise en conseil des ministres, le Secrétariat d’État auprès du Ministère de la Défense Nationale en charge de la Gendarmerie (SEG) a très récemment mis en place au sein de son bureau une cellule de traitement et de suivi de doléances afin de renforcer efficacement la lutte contre la corruption effectuée par le corps de la Gendarmerie à Madagascar. » Faisant  état d’une résurgence de l’insécurité à propos de «la reprise des attaques à mains armées, les kidnappings en ville ou dans les campagnes ces derniers jours ». Etat  de chose considéré par le gouvernement «comme une défiance à l’égard de l’autorité de l’Etat » malgré les efforts déployés sur le terrain.  Une telle situation nécessite une amélioration des mesures prises jusqu’ici sur le terrain.

Les autorités responsables  sont  finalement  convaincues que «les malfaiteurs osent braver les forces de l’ordre en opérant à des heures de pointe au sein des grandes agglomérations au vu et au su de tous ». Toutefois, il serait aberrant  de  s’imaginer  que  c’est  en mettant  en place  des officines au  sein  de la Gendarmerie Nationale et à la Présidence qu’on pourrait  arriver à  éradiquer le mal. Ce n’est point avec la délation  érigée comme moyen  de lutte préventive que des  problèmes profondément implantés dans les mœurs politiques faisant pression  sur toutes les administrations  en général  et le  système  judiciaire  en particulier  qu’il faut  espérer  arriver à des  résultats  probants. C’est comme mettre la charrue  avant les  bœufs. Comment voulez-vous  arriver à une  amélioration  de l’intégrité dans la conduite  des  affaires  de l’Etat lorsque les justiciables comme les éléments subalternes des forces de l’ordre  savent  tous  que  qu’on met  en prison un Pety Rakotoniaina, Claudine et Alain Ramaroson lorsque des magistrats pointés  du  doigt par Arfa Houcine,  des personnalités  de premier  rang  de la classe politique impliquées  dans  des affaires pénales  graves  sont laissées  en liberté. Cette histoire  de bureau  de  doléance  revient à ne  sévir  que  dans les rangs des  sous-fifres de la gendarmerie et  de la police pendant  que les  gros poissons, des civils  comme  Marc Ravalomanana  et les  autres grosses légumes    bénéficient de l’impunité la plus  totale. Pour nettoyer en matière  de  cochonneries étatiques, il  faut  commencer  par le haut de la marche jusqu’au  bas  de l’escalier. N’est-ce pas Monsieur le Général Richard Ravalomanana ?

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