La Gazette de la grande ile

Commercialisation des litchis de Madagascar : La campagne s’achève dans la douleur

Publié le 15 février 2019

La campagne de commercialisation des litchis de Madagascar s’achève dans la douleur. Les ventes sont quasi inexistantes, et la qualité des produits de plus en plus dégradée. Les stocks restant sont systématiquement triés et la plupart d’entre eux écartés. Il n’y a plus réellement de prix de marché. Ceux-ci s’établissent au « coup par coup » le but étant d’avantage de « liquider » les marchandises encore disponibles, que de réaliser des moyennes de vente rémunératrices.

Si ce phénomène ponctue généralement les fins de campagne d’exportation de litchis de Madagascar, il a connu cette année une ampleur particulière. Les quantités écartées pour raison de méventes et qualitatives semblent particulièrement importantes. Concernant la commercialisation, les difficultés d’écoulement des fruits n’ont pas été réservées aux produits malgaches mais ont concerné l’ensemble des litchis « bateau » mis en marché, soulignant vraisemblablement un désintérêt du produit de la part des consommateurs après les fêtes de fin d’année.

De nombreux distributeurs ont cessé, cette année, leurs commandes dès le début du mois de janvier, reflétant le manque de consommation des fruits.

On retiendra principalement les faits saillants suivants de la campagne

malgache : un calendrier peu propice au déroulement harmonieux de la campagne de commercialisation avec une récolte tardive et, par voie de conséquence, une arrivée tardive des fruits sur les marchés européens.

Plus indique la lettre du litchi Campagne 2018-2019 Semaine 06 – 4 au 8 février 2019 qui est éditée par le Ctht avec la collaboration de Pierre Gerbaud, Consultant filières horticoles, les trois semaines de commercialisation, en décembre, ont concentré les ventes. Elles les ont sans doute limitées par rapport (par exemple) à la campagne 2016/2017 où le calendrier avait offert une semaine de commercialisation supplémentaire compte tenu d’une récolte particulièrement précoce.

Dans ce domaine, les variations météorologiques sur le long terme ont-elles de réelles répercutions sur la mise à disposition des fruits?

Pour les autres faits saillants, la même Lettre mentionne, d’une part, une qualité des fruits moyenne. Les exigences logistiques ont conduit à précipiter la récolte des fruits alors que leur degré de maturité ne semblait pas avoir atteint un stade optimal. Des remontées d’informations de distributeurs et de consommateurs soulignent cet aspect. Le calibre moyen des fruits a également été évoqué au cours de la campagne, avec des remarques peu favorables quant au ratio chair/déchet des fruits malgaches, et de l’autre des conditions de ventes particulièrement difficiles, notamment sur le marché français, en raison des mouvements sociaux qui ont émaillé toute la durée de la campagne de commercialisation. Ceux-ci ont principalement provoqué deux problèmes majeurs ou effets induits. Il s’agit, en premier lieu, de perturbations logistiques. Les livraisons étaient incertaines aux centrales d’achats de la grande distribution, et plus encore celles aval, jusqu’aux points de ventes finaux (logistiques du dernier kilomètre), souvent gênées par les blocages de la circulation locale. Le deuxième facteur engendré par les mouvements sociaux réside dans la baisse de fréquentation des points de vente, entrainant la mévente des produits.

En conclusion, analyse le Ctht, le phénomène de concentration des ventes de litchis à l’occasion des fêtes de fin d’année, observé depuis plusieurs années, se confirme et s’intensifie. La conjonction d’une campagne tardive mais conséquente en volume, de qualité moyenne, sur fond de crise sociale, constitue une alchimie qui s’est avérée spécialement néfaste à la filière litchi de Madagascar.

Cela parait démontrer que rien n’est jamais acquis dans le secteur des produits frais, en dépit des améliorations certaines déjà apportées par les opérateurs. Les « mauvaises » campagnes de commercialisation sont souvent à l’origine de réflexion et de mise en place de nouvelles stratégies !

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