La Gazette de la grande ile

Edito : Vous les femmes… admirables !

Publié le 18 mars 2019

Volontairement, le choix est de laisser passer le 8 mars pour  écrire non pas à propos des femmes mais à propos de la journée de lutte pour la reconnaissance des droits de la femme. A Madagascar, la journée du 8 mars a toujours été accompagnée d’activités sous l’égide de la première dame ; les premières dames successives dont le quotidien est complètement éloignées de leurs consoeurs à Madagascar. Car les femmes à Madagascar ne scolarisent pas leurs enfants à l’extérieur du pays, ce qui signifie que les conditions dans lesquelles leurs enfants font des études sont complètement  différentes de celles dans lesquelles évoluent ceux de l’actuelle mais également de l’ancienne première dame. L’actuelle première dame brille par sa discrétion ou son absence c’est selon, et pour cause elle ne vit pas à Madagascar,  ni elle ni les enfants du couple présidentiels qui sont scolarisés à l’extérieur, exactement comme les enfants de Hery et Voahangy Rajaonarimampianina. Il est loin le temps des enfants de feu Zafy Albert ou de Didier Ratsiraka qui étaient dans les écoles confessionnelles à Madagascar.

Les femmes à Madagascar malheureusement ne sont pas toutes des entrepreneures reconnues au delà de leurs villages, ces villages que les premières dames successives n’ont jamais visité,  ne visiteront jamais ; ces femmes qui sont les plus méritoires car malgré le fait qu’elles ne soient pas rentières, qu’elles n’aient pas eu l’opportunité de faire des études, sont néanmoins arrivées à monter leurs propres affaires et s’en sortent au moins au niveau local. Les femmes à Madagascar jonglent entre leur propre métier,  s’occuper des enfants sans aide ou personnel de maison, s’occuper de la nourriture, veiller sur leurs enfants malades, se cassent la tête quand elles doivent rentrer tard pour le travail car personne ne peut veiller sur leurs enfants contrairement aux premières dames qui elles ont des personnels de maison qui ne s’aventureront pas à piquer bijoux, argent etc vu le statut de leur “patronne”. Les femmes à Madagascar assument parfois seule l’éducation de leurs enfants aussi bien financièrement que psychologiquement, elles vivent au jour le jour,  font des sacrifices énormes et peinent à joindre les deux bouts face à un homme démissionnaire ou absent ou qui jonglent entre deux voire plusieurs foyers, une réalité inconnue des premières dames si ce n’est à travers des livres, des films et éventuellement ce qu’on veut bien lui rapporter.

Les femmes à Madagascar,  comme ailleurs, sont victimes de violences basées sur le genre, concept qui fait souvent l’objet de discours de toutes les premières dames avec un air de circonstance mais réalité inconnue d’elles. L’idée n’est pas de se dire que les premières dames vivent un conte de fées et que c’est folklorique tout le tapage autour des 8 mars depuis des années à Madagascar,  l’idée est se poser réellement la question sur le sort de ces femmes à Madagascar,  de leur quotidien, de leur vécu, de leurs droits, de leur place dans la société et ce tous les jours, tous les mois, toute l’année,  avec ou sans l’aura de la première dame. Les femmes à Madagascar,  et pas forcément les premières dames, les femmes à Madagascar sont tout simplement admirables! Et au fond, elles n’ont nul besoin d’être  représentées par une quelconque première dame dont la vie est complètement à l’opposé de la leur!

D.R.

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