La Gazette de la grande ile

Andry Rajoelina : Miami-Toamasina va se construire mais …

Publié le 18 mars 2019

Andry Rajoelina a-t-il déjà visité Miami ?  Durant ses 5 ans de vacances où il dit avoir parcouru le monde pour voir ce qu’il ferait de bon et de bien pour Madagascar quand il reviendrait au pouvoir, la question ne se poserait pas. Cependant à l’annonce de la réalisation de son projet de faire de Toamasina une ville semblable à Miami, on ne manque pas de se poser des questions.

Hier à Toamasina pour réceptionner enfin le riz annoncé comme flottant dans son discours d’investiture, le président de la République a notamment annoncé l’arrivée, d’ici deux à trois semaines, d’un architecte en provenance d’Espagne pour l’aménagement d’un parc public sur la plage devant le bord de Toamasina.

Nous-mêmes n’avons pas encore eu la chance de visiter Miami mais après avoir consulté Google, on suppose que Andry Rajoelina veut faire du bord de Toamasina un quartier semblable à South Beach à Miami. Le moteur de recherche décrit ce quartier comme ceci : « South Beach est connu pour ses plages et l’atmosphère glamour qui entoure ses discothèques branchées et ses restaurants dirigés par de célèbres chefs. Des chaînes de magasins et des boutiques de mode indépendantes bordent l’avenue commerciale piétonne Lincoln Road Mall. Sur Ocean Drive, les cafés en plein air offrent une vue imprenable sur l’architecture Art déco bien préservée qui fait la réputation de l’avenue. Le quartier comporte également des musées, dont le Wolfsonian-FIU, qui possède une collection d’art et d’objets modernes ».

South Beach s’étend sur un peu plus de 2 km. A Toamasina, la place ne s’étend que sur quelques centaines de mètres. A hauteur du cercle militaire et sur tout le nord, la côte est rongée par la mer à tel point qu’il a fallu mettre de gros blocs de pierre pour la protéger, réduisant à néant la place.

C’est donc uniquement sur quelques centaines de mètres que Andry Rajoelina pourra concrétiser sa promesses. Une bien maigre réalisation car le long de cette place, il n’y a aucun autre aménagement possible sauf en détruisant les quelques bâtiments administratifs, le stade municipal dont il a pourtant annoncé la reprise des travaux entamés durant la transition, et les quelques villas appartenant à des particuliers et des églises et l’hôtel Neptune.

L’annonce de l’arrivée prochaine d’un architecte espagnol qui suppose l’imminence du début des travaux, sauve Andry Rajoelina des critiques. Ces derniers jours, d’aucuns ont commencé à lui critiquer sévèrement. ça a commencé avec le « vary mora », enfin arrivé hier après 2 longs mois en mer. Ce riz risquait de lui coller à la peau comme le règlement en 3 mois du délestage pour son prédecesseur Hery Rajaonarimampianina à qui on reprochait  cette promesse non tenue jusqu’à la fin de son mandat.

Ces deux faits sont d’autant plus les bienvenues pour  Andry et ses candidats à la députation où ils risquaient la déconvenue à cause de la lenteur de la réalisation des promesses. Comme pour convaincre les électeurs qui ne croient pas à Miami-bis, Andry Rajoelina appuie sur l’accélérateur en annonçant la reprise des travaux de modernisation du stade municipal initié durant la transition ainsi que la construction d’un stade couvert. Ses détracteurs font remarquer que le chef de l’Etat n’est pas précis dans ses projets : l’architecte espagnol arrivera dans 2 ou 3 semaines et le stade municipal terminé d’ici 2 à 3 mois. Qui plus est, disent-ils, Andry Rajoelina fait comme il s’arroge la paternité de l’autoroute allant du port de Toamasina pour rejoindre la RN2 qui est un projet de Hery Rajaonarimampianina.

A son corps défendant, Andry Rajoelina reprend à son compte ce projet qui relève de l’Etat. Opportuniste comme il est, il en parle avec l’arrivée du « vary mora » pour tenter de renverser la tendance sinon arrêter le début de perte de confiance au sein de la population en général et des électeurs en particulier pour qui tout le reste n’est que du vent !  La loi de Finances rectificative qui devrait inscrire les lignes budgétaires correspondantes aux différentes promesses, n’est toujours pas promulguée malgré le pouvoir octroyé à Andry Rajoelina de légiférer par voie d’ordonnance. Est-là la célérité promise durant la campagne électorale ?

Sa

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