La Gazette de la grande ile

Voiture d’occasion : Quelle règlementation ?

Publié le 15 avril 2019

La vente de voitures d’occasion est l’une des activités les plus rentables du secteur informel à Madagascar. Sur les parkings réservés à l’exposition des voitures, sur les trottoirs, dans les garages privés ou sur les réseaux sociaux, les voitures d’occasion ont le vent en poupe. Mais qu’en est-il de la règlementation sur la vente de ces voitures en provenance de l’étranger qui ne passent pas par un concessionnaire ? Retour sur ces véhicules à la mode qui remplissent actuellement les rues de Madagascar. Les voitures neuves ne représentent qu’une infime partie de la vente de véhicules à Madagascar. La majorité des consommateurs se tournent vers les voitures d’occasion provenant principalement de la Corée, de la Chine, du Japon, de l’Inde et de l’Allemagne. Ils les appellent « bonne occasion ». Les voitures utilitaires proviennent majoritairement de l’Allemagne comme les Mercedes Sprinter et les Volkswagen Crafter qui dominent la vente pour cette catégorie. Ils sont généralement utilisés dans le transport en commun. Le véhicule tout terrain est dominé par les marques Japonaises come Toyota, Nissan, Mitsubishi, Suzuki, Mazda, etc. et les citadines,  les SUV et les Minibus sont dominés par les marques Coréennes dont Hyundai, SsangYong, Mahindra, Kia, etc. Selon leurs états et le nombre de places, les véhicules utilitaires sont vendus entre 20 millions et 150 millions d’ariary, les tout terrains entre 15 millions et 60 millions d’ariary, les citadines entre 12 millions et 50 millions d’ariary, les SUV entre 40 millions et 100 millions d’ariary et les Minibus entre 30 millions et 70 millions d’ariary. Quelques véhicules plus luxueux ou plus ou moins équipés sont vendus plus ou moins chers. Ces voitures sont la propriété de particuliers qui font le voyage vers l’étranger pour les choisir ou les achètent sur Internet via des sites de correspondance. Un particulier qui peut posséder une trentaine, voire plus,  de voitures à vendre. Le propriétaire choisit ses voitures selon son état extérieur et le fonctionnement de son moteur. Par contre, l’émission de CO2 et autres facteurs de pollution ne rentrent pas en compte. A Madagascar, seule l’année de sortie de la voiture compte à la Douane, on ne teste pas l’état de cette dernière et sa capacité à rouler sans compromettre l’environnement et la sécurité. La vérification de la partie cycle dont les freins, la pneumatique, les systèmes de direction, etc sont réservés à l’acheteur qui ne le fait que rarement. Même si ces véhicules doivent passer par une visite technique avant de circuler, on sait tous comment ça se passe dans ce service. Ces voitures bloquent les parkings du Centre-Ville du matin au soir en empêchant  les autres véhicules de se garer. De plus, ils occupent les trottoirs et les moindres zones pour en faire leur terrain de vente. La consommation moyenne et la puissance réelle de ses véhicules ne sont pas vérifiées. Certains sont  modifiés en « tuning » depuis l’étranger et leur puissance dépassent largement le chiffre inscrit sur le papier. Des véhicules qui ne doivent pas être homologués pour la route. Pourtant, à Madagascar, ça passe. Les réglementations sont juste des phrases inscrites dans un livre dont personne ne s’en soucie vu que tout se règle en ariary.

En tous cas, les voitures d’occasion sont en train de remplir les rues de la capitale avec environ 300 véhicules par mois nouvellement immatriculés vers la fin de l’année 2018. Un chiffre qui ne fait qu’augmenter et qui fait partie de la première cause de la destruction de l’environnement à Madagascar.

  1. B

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