La Gazette de la grande ile

Malgré la subvention aux entreprises de transport urbain : Les pauvres sont toujours laissés pour compte

Publié le 15 avril 2019

La mesure d’atténuation qui a été utilisée pour atténuer les effets de la hausse et de la volatilité des prix du carburant est la subvention aux entreprises de transport urbain pour stabiliser les tarifs des bus, mais elle n’est pas ciblée de manière à atténuer les effets sur les pauvres.

Et ce pour diverses causes, selon les données publiées dans la note de conjoncture de la banque mondiale.

Premièrement, 91 pour cent des pauvres de Madagascar vivent dans des zones rurales et sont donc exclus de cette subvention au transport.

Deuxièmement, même dans les zones urbaines, les pauvres utilisent peu les transports en commun : moins de 4 pour cent des ménages urbains du quintile le plus pauvre et moins de 10 pour cent du deuxième quintile le plus pauvre utilisent les transports en commun.

Troisièmement, l’expérience mondiale montre que les systèmes de subvention aux transports en commun transférés en espèces aux compagnies de bus sont inefficaces, avec un taux de fuite estimé à près de la moitié.

Et les mêmes informations de souligner, surtout, qu’à Madagascar, il n’existe pas de registre consolidé des sociétés de transport urbain et la gestion de la subvention de transport n’est pas étayée par des mesures de contrôle efficaces. L’un des objectifs de la subvention était d’inciter les transporteurs à améliorer leurs services, ce qui ne s’est pas concrétisé. Bien que cette mesure d’atténuation contribue à soulager les problèmes des classes moyennes inférieures en milieu urbain, les pauvres sont toujours laissés pour compte.

Dans cette situation, plusieurs solutions sont envisagées par la banque mondiale dans sa dernière note de conjoncture.

À Madagascar, une stratégie d’atténuation des effets des hausses de prix sur les pauvres pourrait consister à envisager d’élargir les filets de sécurité sociale déjà en place. Par exemple, il a été démontré que le programme du Fonds d’Intervention pour le Développement (Vatsy Fiavota) réduisait considérablement le taux de pauvreté alimentaire parmi les bénéficiaires à concurrence de 5 points, mais sa couverture était limitée puisqu’elle ne touchait que 3 pour cent de la population vulnérable. La poursuite de ce programme pourrait contribuer à répondre aux besoins des plus pauvres.

    Transfert d’argent

Pour s’attaquer plus directement aux effets de la hausse du prix du pétrole lampant et ceux des denrées alimentaires sur les ménages pauvres en milieu urbain, groupe qui représente 10 pour cent des ménages extrêmement pauvres du pays, un programme de transferts d’argent ciblant les ménages urbains pauvres pourrait être envisagé pour une durée limitée. Cependant, la mise en œuvre d’un programme de filet de sécurité sociale dans les zones urbaines est associée à des défis opérationnels, tels que le ciblage efficace et le suivi de la mise en œuvre de toute conditionnalité qui y est associée. En outre, tout programme temporaire de transfert d’argent devrait s’accompagner de la suppression progressive de la subvention aux transports en commun, associée à des mesures visant à améliorer l’efficacité du système de transport en commun urbain.

Peu probable

En outre, l’identique source mentionne, entre autres,  qu’une prévision de croissance positive devrait être de bon augure pour la réduction de la pauvreté, à condition que les secteurs porteurs de croissance soient accessibles aux pauvres. Dans la mesure où la majorité de la population pauvre vit dans les zones rurales, où prédomine l’agriculture de subsistance, il est peu probable que la prévision de croissance positive inclue les plus pauvres à court terme. Toutefois, si, à moyen et long terme, des obstacles structurels peuvent être levés dans l’économie, tels que la fourniture d’électricité à des prix abordables, l’accès au crédit et aux infrastructures, une plus grande connectivité des agriculteurs aux marchés, des opportunités pourraient être offertes auxpopulations pauvres de s’engager de manière plus significative dans la trajectoire de croissance de

Madagascar. Ces efforts devraient également être complétés par des investissements dans le capital humain de la prochaine génération de Malagasy en améliorant les services d’éducation, de santé et de protection sociale. En se fondant sur les prévisions de croissance actuelles, la Banque mondiale prévoit que le pourcentage de personnes vivant avec moins de 1,90 USD par jour pourrait baisser de 75 pour cent en 2018 à 71 pour cent d’ici 2021.

Politique de tarification des carburants

Une politique de tarification des carburants devrait s’attacher à protéger les pauvres des augmentations de prix et à promouvoir le caractère abordable de ce produit essentiel. Si les 40 pour cent les plus pauvres de la population ne consomment pas d’essence et du gasoil, ils consomment du pétrole lampant. Par ailleurs, les 40 pour cent les plus pauvres de la population dépensent une part plus importante de leur budget total que les groupes de revenu les plus riches, aussi bien en milieu urbain que rural. De plus, les pauvres dépensent également une part plus importante de leur budget total en aliments qui utilise le carburant comme intrant. Par conséquent, la tarification du pétrole lampant revêt une importance particulière pour les segments les plus pauvres de la population, notamment pour l’éclairage et d’autres services.

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