La Gazette de la grande ile

Universités publiques : Le fonctionnement normal et continu a toujours été chimérique

Publié le 19 avril 2019

Cela fait à peine quelque mois que le gouvernement actuel a entré en fonction, et voilà déjà que la grève des étudiants et des enseignants de l’Université d’Antananarivo vient bouleverser tout le fonctionnement de l’enseignement public supérieur. Les grèves se sont encore poursuivies hier, avec l’affrontement entre les agents de la force de l’ordre ainsi que quelques étudiants venant de certains départements. Et comme chaque année, elle entraîne toujours la suspension de tous les cours et les services au sein de cet établissement. Ça nous paraît peut-être absurde de savoir que de telles manifestations ont toujours été inévitables à Madagascar, et constituent bel et bien une histoire sans fin auquel les dirigeants successifs qui ont accédé au pouvoir n’ont parvenu à en donner une fin heureuse. Nous comprenons qu’à la base, ces manifestants réclament ou revendiquent quelque chose et attendent que l’Etat puisse les écouter, que ce soit par la force ou à l’amiable. Comment les en empêcher ? Après tout, c’est leur droit, et c’est nous qui avons voulu que la liberté et la démocratie prévalent dans notre pays. Seulement, il faudrait que chacun comprenne que la grève n’est qu’une faculté, les manifestants ne sont pas du tout en droit d’obliger les autres à suspendre leurs cours et les rejoindre. De ce fait, envahir toutes les salles de cours va complètement au-delà de ce qui devrait être permis en matière de grève. Pourtant, les étudiants peuvent en témoigner que le déroulement d’une grève auprès des universités publiques à Madagascar se termine toujours par l’usage de la force. Ainsi, c’est presque chaque année que ces universitaires craignent une éventuelle année blanche et que l’Université ne fonctionnera plus normalement, car il y aura toujours des réclamations à faire. Seulement, l’administration n’est peut-être pas consciente que l’avenir de notre pays dépend largement des jeunes sortants de ces universités. Le fonctionnement de l’enseignement supérieur ne devrait donc pas être négligé comme tel, et l’Etat doit accorder une assistance maximum à tous les agents et usagers de ce service public.
Hariantsa R.

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