La Gazette de la grande ile

Lalatiana Rakotondrazafy : 350 dollars par personne par jour

Publié le 24 avril 2019

Rappelez vous quand l’actuelle ministre de la communication du temps où elle faisait son monologue à la radio avait balancé aux auditeurs sur les ondes dans son émission qu’à chaque sortie du Président de la République,  de sa femme et de toute une délégation,  l’Etat malagasy débourse 350 dollars par jour par personne pour chaque membre de la délégation.

Avec une telle somme l’Etat aurait pu investir dans autre chose, alléger les soucis quotidiens de la population…et elle n’avait pas tort. Dans un pays classé pauvre parmi les plus pauvres, c’est une insulte suprême que de donner autant d’argent à des gens qui font juste du nombre, comme si le premier responsable a besoin de toute cette délégation pour répondre aux éventuelles questions, comme si toutes ces personnes prises en charge par les contribuables étaient chacune indispensable et avaient besoin de se déplacer. Elle avait raison, mais aujourd’hui c’est exactement ce qu’elle fait, et pire c’est une insulte à l’intelligence de ses compatriotes que de faire croire que quand il s’agit d’elle et de ce régime ils sont des invités de marque des pays hôtes et que l’Etat ne débourse rien. Incapable d’apporter les preuves probantes, elle perd de sa crédibilité et apporte la preuve de son vrai visage… médire ou  faire finalement ce qu’elle abhorrait soi disant.

Toujours dans la même veine, l’actuelle ministre de la communication critiquait tout ce qui subodorait le népotisme et elle avait raison :  quand se retrouvent à des postes de responsabilité des gens de la même famille, elle y allait de son laïus disant que ce n’est pas une affaire de famille, qu’il y a des gens beaucoup plus compétents, que ces personnes se croient indispensables alors qu’ils sont nuls allant même jusqu’à critiquer les diplômes notamment celui du CEDS -et là elle n’avait pas forcément raison…Aujourd’hui, elle est ministre et son mari directeur dans un ministère, heureusement encore pas chez elle, finalement on peut comprendre que dans un même régime un couple puisse exercer le pouvoir même si probablement que d’autres personnes plus compétentes, avec un cursus universitaire et post universitaire et passage à l’IFPA brillant et pas critiqué, auraient pu occuper un poste technique de directeur des affaires juridiques? Et enfin, et on le martèlera exactement comme elle nous a saoulé à la radio, une dame proche du président de la haute autorité de la transition de l’époque, certainement  dame de confiance dudit président était de tous les déplacements et que l’actuelle ministre de la communication usant de son ironie avait même osé la traiter de ” deuxième dame”, ce qui avait fait jaser dans les chaumières…parce qu’à l’époque,  une femme qui occupait un poste et qui est de tous les déplacements du président, était catalogué de ” deuxième dame “, de “mauvaise influence” du président et que c’était une tare.

Les sous entendus étaient tellement insistants à l’époque que les auditeurs avaient eu des imaginations débordantes, les mêmes auditeurs à qui l’actuelle ministre avait appris cette analyse de bas étage  aujourd’hui s’en donnent à cœur joie maintenant qu’elle même est de tous les déplacements et certains rient sous cape en se disant si c’était pour cela qu’elle avait qualifié à l’époque Madame Rajaona de “deuxième dame”! N’aimant guère les critiques,  aujourd’hui la ministre se contredit de jour en jour entre ce qu’elle disait à la radio et son exercice à elle du pouvoir…et si les paroles s’envolent, les archives radiophoniques restent. Les fidèles auditeurs ou les excédés de ses analyses comptent désormais combien de dollars par jour un Etat pauvre dépense pour elle,  et ce n’est pas tant l’argent qu’elle s’est amassé qui importe, mais plutôt le fait que tout cela est pris en charge par les contribuables et elle nous avait appris que c’était “honteux”. Exactement comme les anciens dirigeants, ils n’ont honte de rien…mais leurs progénitures par contre auront du mal à supporter les regards des autres plus tard.

D.R.

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