La Gazette de la grande ile

Edito : Justice, lente et limité !

Publié le 13 mai 2019

Le domaine de la justice est réputé pour être le secteur le plus corrompu à Madagascar. Une mauvaise réputation justifiée en raison des mauvaises pratiques qui s’opèrent dans l’administration judiciaire. La corruption se trouve être une vraie plaie à Madagascar vu qu’elle gangrène tous les secteurs d’activités à Madagascar, surtout la justice. D’où la perte de confiance de la population malgache envers la justice menant à la recrudescence des pratiques comme les vindictes populaires vu que les plus fortunés s’en sortent toujours indemne et sans bavures. Le fléau qu’est la corruption constitue un blocage majeur pour le développement de Madagascar. La lutte contre l’impunité et l’instauration d’une justice plus équitable sont incluses parmi les attentes majeures des citoyens. Conscient de cette évidence, Andry Rajoelina a joué sur la corde sensible de la population malgache en promettant de faire de la lutte contre la corruption une priorité, lors des campagnes électorales des élections présidentielles de 2018 afin de viser la victoire. Arrivée au pouvoir, une succession d’arrestations fut orchestrée ce qui a étonné plus d’un et nombreux se sont dit que ce nouveau président ne lésine pas d’effort en vue de la lutte contre la corruption.

La première fut l‘arrestation de Ratsiferana Hugues, Directeur Général de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises (AMDP), pour détournement de biens de l’État. Ce fut ensuite l’arrestation et le placement sous mandat de dépôt pour fraude fiscale et blanchiment d’argent de Mbola Rajaonah, un autre baron du régime précédent. Puis on apprend le retour à Antanimora de Razaimamonjy Claudine, longtemps placée à la prison de Manjakandriana. Enfin, par le biais des réseaux sociaux, les citoyens ont pu suivre en direct l’arrestation digne d’un film d’action de Maminirina Eddy, opérateur économique cité dans des affaires de trafics de bois de rose, placé en détention préventive à Tsiafahy. Malheureusement, la lutte contre l’impunité est encore loin d’être au point à Madagascar puisque les actions entreprises n’ont été que des démonstrations de force pour montrer aux forces opposantes celui qui détient le pouvoir à l’heure actuelle.

En effet, les arrestations ne sont pas poursuivies comme la population malgache l’avait prédit, mais se sont arrêtés au clan adverse alors que ce ne sont pas les trafiquants qui manquent dans le pays. D’ailleurs, nombreux sont encore ceux qui circulent à l’air libre comme si de rien n’était. On est donc face à une justice limitée aux effets d’annonce, c’est d’ailleurs ce qu’a affirmé l’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) dans son dernier communiqué. Il y a également le fait que certains individus restent candidats aux élections législatives et ne peuvent être retiré de la liste officielle des candidats, malgré le fait d’être incarcéré en attente de jugement. La lenteur de la justice n’étonne plus personne dans ce pays et cela entraîne d’ailleurs une surpopulation au niveau des centres de détention. Le recours à la détention provisoire est excessif dans la Grande Ile et essentiellement utilisée contre des personnes pauvres qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat pour les faire sortir de prison. Il est indéniable que la justice malgache fait face à des échecs répétés provenant incontestablement d’un manque de volonté politique souvent doublé de corruption.

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