La Gazette de la grande ile

Lettre à  l’attention de : Messieurs Le  Directeur de publication et  Le Rédacteur en chef du  quotidien La Gazette de la  Grande Ile.

Publié le 14 mai 2019

Messieurs,

Nous référant à l’article apparu sur votre journal dimanche 5 mai dernière « Nosy Be LittleItaly », nous trouvons que le titre, ainsi que le contenu, soient manifestement et gravement discriminatoire à l’encontre de la Communauté italienne ainsi que très offensant pour les travailleurs malgaches que vous faites passer comme asservis et ignorantes, pour ne citer que vos mots, ainsi que diffamatoire vers les autorités locales que vous accusez de corruption.

Il est bien connu que les journalistes aiment se servir de titres « sensationnels » pour attirer l’attention du public, mais l’accusation de « mafia » est trop sérieuse pour être utilisé sans réflexions car beaucoup de personnes courageuse, membres de la magistrature, des forces de l’ordre, ainsi que des journalistes et beaucoup de simple citoyens ont perdu leur vie en Italie pour combattre ce phénomène qui ne représente pas notre Pays, mais qui trouve ses origines dans des groupes de malfaiteurs qu’on des connotations bien spécifiques.

Nous allons donc  vous fournir des éléments concrets et facilement vérifiables  concernant la présence des opérateurs italiens sur l’île : ils vous aideront à mieux évaluer le positif et transparent apport de la communauté italienne à l’économie de Nosy Be, île qu’il nous a accueillis depuis longtemps, ainsi qu’à celle de la Région.

Les charters italiens ont débarqué l’année dernière presque 30.000 passagers, quasi entièrement destines aux hôtels de l’île et de la Région. Si on considère que le visa pour un séjour jusqu’à trente jours coute 35 euros, seulement en droits de visa nos passagers ont généré plus d’un million d’euro.

Les navires de croisières italiens, Costa Crociere et Aida Aura, débarquent milliers de passagers par saison, de toutes nationalités, repartis entre les trois ports de Nosy Be, Antsiranana et Tamatave: tous partent en excursion et donnent beaucoup de travail aux opérateurs locales que ce soit les guides, les transporteurs, les restaurants ou les artisans.

Les hôtels de l’île qui accueillent les touristes italiens, ainsi que les prestataires de services, fournissent pas moins de 1.400 emplois directs aux employés nationaux, ce que signifie que au moins 1.400 foyers peuvent compter sur un salaire fixe déterminé par l’Etat Malagasy, sur l’assistance médicale pour toute la famille de l’employé, telle que prévue par l’Etat et sur une retraite, quand le moment viendra. Superflu raisonner sur les emplois indirects, car quasiment toute l’île est concerné.

Qu’il plaise ou non aux auteurs de l’article, la communauté italienne est effectivement un acteur important de l’économie de Nosy Be mais ceci n’est pas une raison valable pour nous accuser d’attitude mafieuse et encore moins d’imposer notre culture et notre langue.

Ceci n’est pas le résultat d’actions mafieuses, ni uniquement du travail de la communauté italienne, mais celui d’une positive entente entre les propriétaires des grandes hôtels, les tours opérateurs, les compagnies aériennes, le personnel malgache des hôtels, le peuple de Nosy Be, les Autorités locales ainsi que l’Etat malagasy qui surveille et assure la plate-forme à partir de laquelle tout se développe.

Concernant le blanchissement d’argent dont les deux journalistes écrivent, il faudrait qu’ils réfléchissent sur le fait que la plupart des grands hôtels à Nosy Be appartiennent à des investisseurs locaux qui ont bien voulu croire au développement de leur propre Pays et investir dans le secteur du tourisme et non à des « mafieux italiens ».

Le délire sur l’accuse d’imposer la culture italienne ne mériterait pas de réponse, toutefois semble que même l’évidence ne pas telle pour Phil de Fer et Lola R. et il s’avère donc nécessaire dépenser quelque mots sur le sujet : pour les hôtels et les prestataires de service qui travaillent avec les touristes italiens, demander aux employés d’apprendre la langue italienne  est une nécessité pas une imposition. Il sera de même, dans le futur, avec d’autres langues étrangères lors que les touristes d’autres Pays viendront. Ceux qui travaillent dans le tourisme connaissent l’importance de maitriser plusieurs langues.

Une seule chose vraie a été dite : certains malgaches chantent « Fratelli d’Italia » l’hymne national d’Italie. Ils  sont les enfants des couples mixtes italo-malagasy qui nécessairement connaissent les deux hymnes, parlent les deux langues et honorent les deux drapeaux.  A ce propos, les auteurs ne nous voudront pas si le drapeau italien a les mêmes couleurs du drapeau malagasy.

Notre communauté est bien intégrée et respectueuse des traditions locales : vérifiez- le au lieu de supposer, pontifier et diffamer.

Les accusations non fondées et malveillantes à l’encontre de la communauté italienne de l’île ainsi que le propos diffamatoire de l’article laissent penser qu’au  fond de la chose il y  avait eu un évènement à caractère personnel à  Nosy  Be et que « Phil et Lola » ont  utilisé leur plume pour exprimer leur envie de revanche et leur haine, aux lieu d’ informer les lecteurs, comme des vrais journalistes seraient tenus à faire.

Nous ne répondons pas aux accusations de « colonisation italienne ». La colonisation est un argument délicat à Madagascar et vous y jouez trop à la légère. Pour tout dire, légèreté, superficialité et manque de rigueur caractérisent plus que tout autre élément  votre article.

Pour ce que précède, nous croyons que les auteurs de l’article devraient faire les nécessaires réflexions et présenter  à notre communauté des excuses : question de prise de conscience mais surtout de politesse.

Nous  vous adressons, Monsieur le Directeur, ce droit de réponse que nous  vous demandons  de publier conformément à loi relative à la communication à Madagascar.Mais en format payant.

Les opérateurs touristiques membres de C.I.A.O. Italia (Club Italien d’Assistance et Orientation)

Association italo-malagasy à Nosy Be

NDLR : Bien que mal écrit et mal structuré, ce droit de réponse présente deux avantages. Il fait de la publicité pour notre journal et il nous donne l’occasion d’en rajouter une couche. La deuxième partie de « Nosy Be : Little Italy » est en cours de rédaction. Notre premier article « Nosy Be : Little Italy » ne présentait aucun caractère diffamatoire. Il exprimait le sentiment de nombreuses personnes qui se rendent à Nosy Be et y constatent l’hégémonie italienne. Etant donné que notre article « Nosy Be : Little Italy » ne citait aucune personne de manière nominative, il n’est pas question que notre journal présente des excuses,  surtout lorsque l’on sait d’une part, que de nombreux Italiens pratiquent le tourisme sexuel à Nosy Be et d’autre part, que Matteo Salvini, Vice-président du Conseil et Ministre de l’Intérieur, refoule sans ménagement à la frontière italienne de nombreux migrants étrangers, y compris des Malgaches. Nous persistons sur le fait que certains Italiens se comportent en colons à Nosy Be, en imposant leur langue et leur culture, exactement comme ils l’ont fait en Ethiopie, en Somalie, en Erythrée, en Lybie et dans les Balkans. En février 1937, les troupes fascistes italiennes ont massacré plus de 5.000 civils éthiopiens en trois jours. Nous comprenons que notre élan nationaliste dérange certains intérêts, mais nous avons le plaisir de lancer cette invective à nos détracteurs « Nosy Be, aimez-la ou quittez-la ! Si vous restez, ne vous comportez ni en terrain conquis ni en colons! Si vous partez, Ciao, des investisseurs malgaches, indo-pakistanais, mauriciens, français, sud-africains et même chinois seront ravis de vous remplacer. »

La Rédaction

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