La Gazette de la grande ile

chronique : Et si on parlait de  SOLIMA…

Publié le 16 mai 2019

Avant de passer sous la direction  d’une société d’Etat  en 1976, la  distribution des produits pétroliers à Madagascar a été partagée entre les filiales malgaches de six compagnies pétrolières internationales. Après la  nationalisation des  installations  et des opérations de  ces  compagnies  étrangères, les  activités  liées  à cette  filière sous tutelle du ministère chargé de l’Energie  ont été  confiées à une  compagnie nationale  dénommée Solitany  Malagasy SOLIMA. Elle  avait le  monopole du droit d’approvisionnement, du stockage et de la distribution des produits pétroliers à Madagascar.  A cause de diverses réglementations gouvernementales dont la plus importante est le régime de tarification administré par le Ministère de l’Economie et des Finances et qui établissait les différentes marges de prix. les ajustements de prix à la pompe sur initiative de la SOLIMA à l’époque étaient mal  perçus par les  usagers.  Toutefois, les impacts  sur la vie  quotidienne de la population  en  général et sur les  activités  des usagers  en particulier  n’avait atteint le niveau  de  gravité  et d’acuité actuelle. Avec le  vent de la mondialisation  et l’ère  de la privatisation le monopole  de la SOLIMA prendra  fin  avec le  décret d’application n° 93-136 du 24 mars 1993 qui ont instauré le premier cadre légal régissant la libéralisation du marché de produits pétroliers à Madagascar et qui ont autorisé l’accès de sociétés nationales et internationales dans le secteur pétrolier à prendre part dans le secteur de l’importation  et  de la distribution  pétrolière à Madagascar  avec  toutes les  conséquences néfastes  et  catastrophiques  que  nous  vivons  depuis.

Qu’on le  veuille ou  non, les  retombées  négatives  de  cette option  dictée par les  effervescences politiciennes de l’époque qui ont permis les  combines  et les  dérapages commerciaux que l’on  sait. Si  actuellement, la distribution  des  carburants posent problème  et a entraîné les décideurs  étatiques à  se  trouver  « au pied  du mur d’une  véritable  crise »  qui ne  dit pas  son nom,  c’est parce  que depuis la mise  en place de la privatisation  les opérations  dans  ce  sens furent  effectuées  dans l’absence la plus  totale de la  transparence et souci  de la  préservation  des intérêts  légitimes des biens publics. Parler de  braderie à propos  des cessions  des infrastructures  ayant appartenues à l’Etat serait  faire  preuve  d’une  forte dose  d’indulgence  complice. Sous le contrôle direct  du  ministre  Betina  Bruno  et la  Direction  Générale  d’un  nommé Christian  Ntsay actuel  Premier ministre, la  création  du  Groupe  GALANA  faisait jaser  les opérateurs  du  secteur  pétrolier. Profitant  de l’autorité  qu’il  détenait la personnalité  susnommée au mépris  de  toutes les conditions  d’orthodoxie requises avait favorisé  de manière suspecte  et  outrancière les  financements  des premiers  de cette  compagnie par  des  astuces  relevant  de l’illégalité  la plus  flagrante.  Des  tours  de passe-passe en matière  de  gestion financière et  privilèges  de  favoritisme scandaleux ont permis à  cette  entreprise   avec un  ridicule  capital  qui ne  se chiffrait même pas à plus  de 10 millions  Fmg  de  devenir un des  géants  de ce  secteur  très  florissant  et  juteux.

Miracle  de la complicité douteuse et des  appuis obscurs  de  Christian Ntsay  qui, de 1993 à 1997, était le Directeur Général de la compagnie pétrolière SOLIMA, Madagascar, le  réseau de GALANA actuellement, selon le  Net  «couvre le territoire national avec 71 stations-service. La société a distribué 260 000 mètres cubes de produits pétroliers en 2016 ». Et  c’est  GALANA Madagascar, un  groupe  très  florissant  et prospère avec un plus  auquel les  autres  compagnies  ne pouvaient prétendre qui «a changé de propriétaire depuis le 1er juillet 2017. Galana Madagascar a fait savoir qu’il a été racheté par le groupe Rubis.
Opérateur international indépendant spécialisé dans l’aval pétrolier et chimique, Rubis est spécialisé en matière de stockage de produits liquides industriels, notamment les produits pétroliers, chimiques et agro-alimentaires.» Avantagé par l’unique stockage d’importation de produits pétroliers avec un accès maritime à Toamasina  ,a  toujours pu  bénéficié des  recettes  d’un péage  de l’ordre de 9% qui  a pris  sa  source  avec l’absence du complexe  de  raffinerie devenu  dans le  temps propriété  de  GALANA avec le  coup  de  pouce difficilement  explicable de Christian  Ntsay toujours.  Le règne  de  ce  DG trop lié  avec les intérêts privés et  des hommes  d’affaires magouilleurs verra  aussi les moments difficiles  de  quelques  transporteurs  de produits pétroliers comme  Leong  et les  autres   sérieusement  handicapés par les problèmes  de paiements  très  sélectifs  de leurs  factures de services  faits.  Si  bien  que  bon  nombre d’entre  eux  victimes de cette forme  de partialité arrivent  tant  bien  que mal à continuer leurs  activités… Qu’on  ne  s’étonne pas  aujourd’hui lorsque le  nouveau président  en personne est  obligé  de monter  au  créneau. L’héritage malsain et les  relations  mafieuses de  cette époque  de notre  histoire en matière de commercialisation  des produits pétroliers porte gravement préjudice  aux premier pas  du  nouveau  régime qu’Andry  Rajoelina a  cru  bon secouer le  cocotier  afin  de remettre la pendule à l’heure. Le  défi a  eu  un  retentissement  tel qu’une  dépêche  de  RFI   rapporte «Andry Rajoelina veut aussi baisser le prix du carburant et entamer un bras de fer avec le secteur pétrolier qui réalise des marges beaucoup trop élevées, selon ses termes.»…

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