La Gazette de la grande ile

Kidnappings : Le paradoxe français

Publié le 16 mai 2019

Lorsqu’un ressortissant français est enlevé sur le continent africain, l’Elysée, le Quai d’Orsay et Matignon s’affolent et organisent des réunions de crise à toute heure du jour et de la nuit. Des moyens colossaux sont déployés en quelques jours et la cavalerie est envoyée sur les lieux pour retrouver les otages. A l’opposé, les autorités françaises sont moins réactives quand un ressortissant français est kidnappé à Madagascar. Par prudence ou par indifférence, elles se contentent de suivre l’affaire de près et d’exprimer leur préoccupation, selon la formule consacrée. Il est dommage de constater que l’Etat français a de la considération uniquement pour les  Français de souche ou les expatriés. Comment expliquer une telle discrimination ? Les ressortissants français d’origine malgache, indopakistanaise ou chinois seraient-ils des citoyens de seconde zone qui ne méritent ni les égards ni la protection de la République Française ? Ces deux interrogations sont judicieuses et laissent planer un mystère, surtout lorsqu’on sait que la communauté française à Madagascar est une des plus importantes de l’hémisphère sud et que la Grande Ile a connu le nombre le plus élevé de citoyens français kidnappés en dehors de l’Hexagone durant le mandat de Hery Rajaonarimampianina. Parmi les commanditaires de ces rapts, Matthieu Rajaonarimampianina Rakotoarimanana et Mbola Rajaonah ont souvent été cités, mais ils n’ont pas été inquiétés pour ces crimes.

Phil de Fer et Lola R.

 

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