La Gazette de la grande ile

Regards croisés : La concentration des pouvoirs déroge au  principe de la Démocratie : l’Assemblée Nationale , “ solombavambahoaka, Malagasy aloha !” “le gouvernement par le peuple” (3)

Publié le 25 mai 2019

“Un régime politique “agencé de telle sorte que les décisions prises au nom de l’Etat soient, le plus qu’il est possible, conformes à ce qu’auraient dans chaque cas décidé les citoyens s’ils avaient pu prendre la décision eux-mêmes.”  Ainsi, élire son Député, son “solimbavambahoaka”, c’est donner quitus à son représentant, le peuple ne pouvant directement exercer le pouvoir. Autrement dit, les décisions du législateur et du gouvernement devront être en conformité  aux exigences et à l’opinion du peuple.

Quelles sont les exigences du peuple?

Le peuple  NE VEUT PLUS DE COUCHE DE VERTU ni de VERNIS SUPPLEMENTAIRE POUR MASQUER LES MALVERSATIONS DES HOMMES AU POUVOIR ET DE LEUR ENTOURAGE IMMEDIAT. Le peuple veut élire dans la transparence, en toute liberté le ”solimbava mbahoaka”, celui qu’il connaît pour être à l’écoute de ses difficultés à assumer dans sa dignité humaine son quotidien.  , le peuple ne veut plus d’un résultat alambiqué qui ne dupe plus personne.

Pourquoi le gouvernement par le peuple ?

Attendre l’unanimité, “libérum veto”, pour “gouverner”, c’est acculer le pays à l’immobilisme et à l’impuissance. C’est pourquoi la  Démocratie doit accepter le règne de la majorité, soit 55,66% à l’élection présidentielle du deuxième tour. C’est pourquoi le candidat Marc Ravalomanina (44,34%) a accepté ces résultats officiels. Pour rappel, le taux de participation national a été de 48,09%.

Parce que la majorité n’est suivie qu’à défaut d’unanimité; les 44,34% de voix d’opposants exprimées, comme les 2,51%  de blancs ou de nuls, comme les 51,91% d’électeurs qui sont restés chez eux ont une opinion aussi respectable , aussi autorisée que les 55,66% de la majorité des suffrages exprimées pour le candidat devenu Président de la République Malagasy. Un Président élu, devient Président de tous les Malagasy, sans distinction aucune. De ce fait, le Président de la République doit tenir compte de l’opinion aussi respectacle qu’autorisée de ceux qui n’ont pas voté pour lui, le Président se doit d’être  dans le respect de la Loi, toujours en vigueur, le Président doit donner l’exemple en bannissant la pratique persistante  de fausser ou de déformer l’esprit des votants  par un enseignement partiel ou par l’information quasi unilatérale d’Etat. En effet, au delà du décomptage des bulletins de vote déposés dans les urnes, la falsification peut également apparaître dans le traitement et la diffusion des informations en amenant la confusion dans l’esprit des citoyens. En effet, au delà du décomptage des bulletins de vote, la falsification peut apparaitre dans la multiplication des candidats dits “indépendants” qui dissimule en fait le système d’apparentement parlementaire, une manoeuvre politicienne pour assurer la majorité des sièges à l’Assemblée Nationale.

Les députés (suffrage directe) comme le sénateurs (élus par un collège électoral de “grands électeurs”, CES législateurs, représentent le pays et prennent à sa place les décisions législatives et politiques. Un système démocratique  basé sur un système de partage des fonctions et d’équilibre des pouvoirs entre les Instances et les Institutions. Les députés comme les sénateurs (Constitution 2010 toujours en vigueur) votent les lois, et contrôlent la politique suivie par le gouvernement, équipe dirigeante de la majorité. Sachant, que l’existence d’un contrôle efficient (suivi des mesures de sanctions en adéquation avec les effractions commises) reste la seule garantie efficace de la “bonne gouvernance” et la solution pérenne pour éradiquer les gouffres financiers. Le Parlement bicaméral, un contre-pouvoir parce que “gouvernement par le peuple. L’élection législative reste le calendrier où le peuple exprime l’orientation de la politique gouvernementale.

Le taux de participation ce 27 mai 2019  sera donc le baromètre de la confiance politique de la population. Mais auparavant, rappelons que : “Toute Nation a le gouvernement qu’elle mérite”. Un mandat de cinq ans ou plus!

Cet article est le troisième et dernier  volet de la série : “La concentration des pouvoirs déroge au  principe de la Démocratie.”

Nancy Razanatseheno

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