La Gazette de la grande ile

Iles éparses : Qu’est-ce qu’on en fera ?

Publié le 31 mai 2019

Les  échanges  de propos d’un dirigeant d’un pays  souverain  à l’autre étaient le point  crucial de la rencontre Andry Rajoelina et Emmanuel Macron. Cette rencontre officielle  à  Paris d’un président de la République fort de son élection  au  suffrage universel  et l’élection probable d’une majorité de  députés favorable à l’équipe au pouvoir avec le Chef d’Etat d’une nation liée à Madagascar par une très longue relation historique marque la reprise des relations bilatérales les axes de coopération entre Madagascar et la France. Malgré les  aléas  et les vicissitudes des relations diplomatiques et de la géopolitique internationale,  au risque de déplaire aux  fanatiques d’un nationalisme étriqué et rétrograde, l’actuel président nouvellement  élu avait déclaré devant un aréopage d’hommes d’affaires  français : «La France est le premier pays  d’exportation de Madagascar et le plus grand investisseur hors secteur minier.» Dans le cadre  de ce  séjour parisien  également, avant  la rencontre les  deux  Chefs d’Etat, Andry Rajoelina  avait  assisté avec des ministres  du gouvernement  malgache et quelques  grands  noms de l’économie  de l’Hexagone. On peut  citer le  consortium Neho composé des  sociétés Eiffage, Enarove et Thémis pour  appuyer  « le plus  grand projet hydroélectrique du pays.»

Depuis le lundi 27 mai dernier, il était  sur le sol français. Après  avoir rencontré le mercredi 29 mai le président français Emmanuel  Macron, il a participé avec  celui-ci à  une rencontre avec la  presse au cours de laquelle le cas des Iles Eparses a  été évoqué. Pour Orange.mg « il s’agit d’un sujet houleux entre les  deux pays. » Partout dans le monde, d’homme d’Etat à homme d’Etat, devant la presse ou en  tête-à-tête, peu de mots  suffisent même quand il  s’agit de débattre des problèmes les plus  épineux comme le cas des Iles Eparses et d’autres  sujets couverts par la raison  d’Etat. Les commissions  respectives de deux pays  se chargeront  de finaliser les discussions qui, finalement seront  soumises aux deux  présidents signataires des  accords  finaux. C’est de cette  façon que va  se  résoudre la solution finale sur «la gestion ou la restitution » des territoires  concernés. Les observateurs ont  noté  surtout que «Dans sa déclaration devant les médias, Andry Rajoelina  n’a pas caché sa détermination à trouver une  solution.» Proposition sur laquelle  Emmanuel Macon avait assuré que « je l’ai dit et je le redis, nous trouverons une  solution  ensemble. Nous nous donnons  un peu plus  d’un an, soit avant la célébration des 60 ans du  retour  de Madagascar pour cela. »… A noter que le dossier  sur les  contentieux  territoriaux entre  Madagascar  et la France a été initialisé par le président Didier Ratsiraka déjà  dans les  années 80. Avec une prise de position favorable  des Nations Unies, les problèmes  auraient pu être  tranchés depuis longtemps. Raymond  Ranjeva a  été  proposé par notre pays pour  siéger à la Cour  Internationale de Justice (CIJ) à La Haye. Il a été chargé de la mission précise de s’occuper du dossier des Iles Eparses. Il devient membre de la Cour internationale de justice en 1991. Réélu en l’an 2000 à ce poste, il demeure juge international jusqu’en février 2009. Mondanités et inertie complice obligent, il s’est contenté de  gérer sa carrière et  ses intérêts personnels… . Pour  des  raisons  que la raison  ne  connaît pas, nous en  sommes au point  actuel, où c’est le président Andry en personne  qui s’en charge. Que les  bandes de politicards beaux parleurs se taisent au lieu de critiquer à  tort un jeune Chef d’Etat qui, lui a osé ce que des lâches personnalités   n’avaient pas cru bon de faire. Osons espérer qu’entre les  deux pays, une  entente cordiale  finira par être  trouvée au profit  d’un « développement tous  azimuts de son pays…» et les intérêts légitimes de  tous les Malgaches, au nom  d’une amitié réciproquement favorable

Emmanuel Macron est donc disposé à discuter de ce problème  aussi vieux que notre indépendance. Reste à savoir si l’année prochaine, nous saurions quoi en faire de ces îles éparses. C’est, en effet en connaissance de cause que le président Rajoelina parle de « gestion ou restitution ». Car si les îles éparses recèlent des richesses telles que le pétrole ou la biodiversité, on n’a ni les moyens financiers ni la technologie pour les exploiter.  C’est comme les gisements miniers en haute terre : on revendique la propriété  sans rien y faire.

    N.Razafilahy

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