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Croissance ; inflation, et dépréciation : Qu’en est-il ?

Publié le 11 juin 2019

La croissance économique pour l’année 2019 se maintient à 5.2%. En terme nominal, un niveau de PIB de 45 243.0 milliards d’Ariary est escompté. Le secteur primaire garde le cap malgré les intempéries subies par le pays au cours des premiers mois, soit donc une croissance de 2.5%. Le renforcement de la résilience du secteur justifie ce résultat positif, grâce aux actions d’adaptation mises en place par les divers projets, lesquelles se basent en premier lieu sur une meilleure appréhension des risques potentiels notamment par rapport au climat.

Quant au secteur secondaire, sa production évoluera de manière significative à hauteur de 7.5% en 2019 grâce à une plus grande priorité accordée par l’Etat pour les industries lesquelles constituent le moteur principal de la croissance économique. L’objectif de l’Etat s’orientera alors vers la dynamisation et le renforcement de la compétitivité des entreprises malagasy, entre autres via l’amélioration du climat des affaires. Les croissances des branches de la ZFI (13.0%), de l’énergie (11.5%) et des industries de boissons (10.0%) se démarqueront durant cette année. La branche des matériaux de construction connaitra également une croissance significative de 5.0%. Cette performance est en grande partie expliquée par l’évolution de la demande induite par les grands travaux initiés par le Gouvernement dont le début de la construction de nouvelles villes, la réhabilitation des routes nationales, la construction des infrastructures favorables au développement du secteur touristique. Par ailleurs, les industries extractives présenteront également une croissance positive de 6.5%.

En ce qui concerne le secteur tertiaire, une croissance de 5.8% est attendue. Celle-ci sera tirée principalement par l’expansion des branches BTP et transport de marchandises avec des taux respectifs de 9.7% et 6.0%. L’essor de la branche transport de voyageurs de 7.5% et celle de l’auxiliaire de transports de

11.5% appuiera également cette lancée. Le choix du secteur tourisme figurant parmi les secteurs prioritaires du Gouvernement, compte tenu de sa potentialité énorme, explique les croissances positives au niveau des transports. Le Gouvernement centrera effectivement ses efforts sur l’instauration de la sécurité et la protection des biens et des personnes ainsi que la sécurisation des investissements afin d’atteindre le développement du tourisme, un secteur créateur d’emplois et porteur de croissance.

Taux d’inflation

Les nouvelles prévisions pour 2019 sont optimistes. Les taux d’inflation seront en baisse de 0.5 point de pourcentage (soit 6.7% versus 7.2%) et 0.4 point de pourcentage (soit 6.4% versus 6.8%) respectivement. Cette performance découlerait principalement de trois facteurs.

Premièrement, cela résulterait de la maîtrise du niveau de l’offre globale par rapport à la demande intérieure qui sera favorisée par la mise en œuvre des nouveaux axes prioritaires de la PGE. Les indices des prix à la consommation de certaines catégories de produits, notamment le riz, les PPN, la santé, l’éducation, le transport, ainsi que le logement, l’eau et l’électricité présenteront des baisses progressives. L’Etat optera des mesures qui allègeraient le coût de la vie pour les ménages en plus de l’augmentation du salaire minimum.

Puis, les intempéries survenues en début d’année n’ont pas occasionné des pertes sur les trois secteurs d’activité économique et Madagasikara avait bénéficié depuis 2018 d’un climat propice pour la branche agriculture. Les perspectives de production nationale sont donc amenées à croître, surtout au niveau de la riziculture. Cela permettrait de stabiliser le prix des produits locaux. Sur le plan international, les cours du riz se sont rétractés à la suite de l’accumulation de stocks en provenance d’Asie et les perspectives de production pour les années à venir sont bonnes. Non seulement les coûts des riz importés seront plus accessibles mais en plus les demandes quotidiennes de riz sur le marché national seront satisfaites par une importation moins coûteuse. De plus, l’initiative présidentielle de commercialiser le « Vary Mora » à 1 000 Ariary le kilo en aide à la population vulnérable influencera le prix du riz en général. Dans le total du panier de la ménagère, le poids du riz représente 15.3%.

Enfin, dans sa mission de stabiliser les prix intérieurs, la BFM avait revu sa politique monétaire pour être en accord avec la PGE de redresser rapidement et durablement l’économie malagasy. A cet effet, le ciblage monétaire a été rehaussé par rapport à sa prévision initiale, passant d’une variation de 13.0% du PIB à 15.7%, mais permettrait néanmoins d’atteindre l’objectif d’inflation à moins de 7%. Notons que la branche énergie connaitra quelques perturbations au cours de l’année 2019. Etant non producteur de pétrole, Madagasikara se doit d’importer ce produit au prix du marché et avec l’application de la vérité des prix à la pompe, les prix locaux dépendent des cours mondiaux. Or, les cours des produits pétroliers pourraient être très volatiles au regard des nombreuses incertitudes qui règnent actuellement dans plusieurs domaines clés des marchés pétroliers, notamment : (i) les sanctions iraniennes par les Etats-Unis, (ii) la décision des pays membres de l’OPEP de réduire la production des pétroles non-conventionnels, (iii) la crise d’ordre politico-économique que traverse le Venezuela, (iv) la guerre commerciale entre les grandes puissances, (v) les problèmes d’ordre économique et (vi) les turbulences financières que rencontrent actuellement la Chine et les Etats-Unis.

Dépréciation

Comparativement à la prévision initiale pour l’année 2019, l’Ariary va se déprécier de 2.3% par rapport au DTS, soit 5 062 Ariary versus 4 947 Ariary. La prévision de base a été réajustée du fait de la dépendance de notre économie vis à-vis des aides extérieurs, et du creusement persistant du solde de la balance commerciale. Par ailleurs, si Madagasikara arrivait à faire entrer plus de capitaux étrangers au cours de l’année à travers (i) la signature de nouveaux aides budgétaires /dons projets avec le FMI et/ou (ii) la hausse des recettes d’exportations par rapport à la prévision établie, la dépréciation de l’Ariary pourrait éventuellement baisser.

En matière de politique de change, la BFM prévoit d’établir un marché monétaire interbancaire plus efficient. Des réformes du MID ont été élaborées au cours de l’année 2018 et la mise en vigueur se fera à partir de cette année. De plus, elle interviendra ponctuellement sur le MID en cas de fluctuations plus marquées des taux de change. Notons que, depuis 2017, la BFM a commencé à effectuer des swaps de devises en appui à la politique de change.

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