La Gazette de la grande ile

DE LA FATIGUE A LA DEPRESSION  (8ème partie)

Publié le 12 juin 2019

21- Dr Raharison, existe-t-il d’autres causes extérieures à notre organisme pouvant expliquer des problèmes pour dormir ?

On a parlé de la diminution naturelle de la température du corps qui peut descendre jusqu’à 36° au moment de notre endormissement. Et    pour favoriser cette baisse normale et nécessaire, il a été démontré qu’une température de 19°C ou 20°C dans la chambre à coucher reste l’idéal pour dormir plus facilement. Ceci peut expliquer une difficulté d’endormissement chez les tous petits et les personnes âgées lors des périodes caniculaires et aussi quand il fait trop froid. Le système qui régule la température corporelle dans le cerveau (au niveau de l’hypothalamus) est encore immature chez le nouveau-né et diminue d’efficacité à partir d’un certain âge. Ce qui par exemple facilite davantage la déshydratation quand il fait trop chaud. Mais la hausse autant que la baisse assez importante de la température a un impact direct sur les personnes fragiles et de fait sur leur sommeil.                                                                    Les maladies influencent également la qualité de notre sommeil. Logiquement tout problème de santé peut nuire à notre bien-être et rend difficile le sommeil. Mais c’est le cas tout particulièrement des maladies respiratoires, des allergies, des apnées du sommeil qui rappelons, se traduisent par un arrêt respiratoire de plusieurs secondes avec diminution de l’oxygénation du cerveau et avec des conséquences parfois très graves. Je peux aussi citer les problèmes digestifs qui peuvent influencer nos nuits comme les reflux et enfin tout ce qui entraîne des douleurs chroniques.

22- Y a-t-il autre chose qui peut perturber le sommeil   ?

Oui bien sûr, il y a certains produits que nous consommons qui tôt ou tard risquent d’affecter notre sommeil. C’est le cas de la cigarette avec la nicotine qui a des influences négatives sur qualité du sommeil, favorise le ronflement et peut être suivis de petits épisodes de réveil qu’on peut déceler si on fait un électroencéphalogramme. Le tabac peut aussi entraîner des apnées. D’un autre côté, l’alcool qui est trompeur car semble favoriser l’endormissement mais diminue la qualité surtout de la phase paradoxale du sommeil. Une période du sommeil qui est primordial pour les rêves et la mémorisation. Le café lui entraîne un retard de l’endormissement et des coupures de vos nuits car le sommeil devient plus léger. Enfin, le sport pratiqué le soir augmente la température corporelle et retarde l’endormissement. Il faut aussi tenir compte des effets des lumières bleues des écrans de smartphone, tablette et télévision qui provoquent le même effet. Il est vivement conseillé de laisser de côté tous ces produits qui excitent notre cerveau au moins 2 heures avant d’aller au lit.                            Mais si je rapporte tout cela, c’est que l’insomnie et les perturbations au niveau de l’endormissement sont aussi devenus des causes de problèmes de santé dans les pays en développement comme le nôtre. Ce qui est confirmé par les statistiques de l’OMS qui rapportent que déjà en 2013, 150 Millions d’adultes souffraient de troubles du sommeil. Un nombre presque aussi important qu’en Europe. Et il faut reconnaître que le fait de ne pas arriver à dormir, de négliger nos heures de sommeil, ou d’avoir un sommeil de mauvaise qualité, tout cela aboutit au final à « la fatigue ».

      Recueillis par Tatiana (à suivre)

Lire aussi