La Gazette de la grande ile

EDITORIAL : Ces chauffards qui nous tuent

Publié le 18 juin 2019

Il y a un ministère des transports dans ce pays. Il doit bien y avoir une direction du transport terrestre. Il doit bien y avoir une réglementation du transport en commun. Il doit bien y avoir des sanctions prises contre ces coopératives ou ces chauffards qui nous tuent.  Si d’aventure,  puisque tout est possible,  aucun texte ne réglemente le transport en commun, si d’aventure toutes les coopératives peuvent faire ce qu’elles veulent. Si d’aventure, n’importe qui peut être chauffeur de véhicule terrestre à moteur chargée de transport en commun. Si d’aventure la règle est que les chauffeurs sont recrutés sur aucune base et que même on privilégie les chauffards…dans ces cas tout s’explique,  tout se comprend. Si non, il est évident donc que la direction du transport terrestre si elle existe n’est pas à la hauteur de ses responsabilités ou si elle n’existe pas doit être créée. Si non, il est évident que même si nous ne sommes plus à l’ère du transport en commun public – il est bien loin le temps des FIBATA ( fitanteram-bahoakan’antananarivo) ou FIMA ( fitanterana malagasy) -la libéralisation du transport en commun est tellement sauvage que les chauffeurs deviennent les Dieux tout puissants qui décident de faire demi-tour,  qui n’ont aucun respect pour les passagers,  qui roulent à tombeau ouvert en ayant dans la voiture des dizaines de personnes. Les chauffeurs des transports en commun sont des criminels en puissance,  les autorités parfois vont présenter les condoléances chez les familles des victimes,  font des conférences de presse avec des mesures prises qui se dégonflent rapidement telles les ballons de baudruches, les autorités sont irresponsables simplement. Non pas que l’on cherche des responsables mais si des mesures drastiques sont prises contre ces coopératives,  dont semble-t-il beaucoup appartiennent à des personnes puissantes politiquement ou qui ont de l’influence sur l’économie, peut- être on finira par avoir des chauffeurs et receveurs responsables et des coopératives dignes de ce nom. En attendant, des familles sont décimées en une fraction de seconde tout simplement parce qu’un de leurs membres ou plusieurs de leurs membres se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Malheureusement, tous les Malgaches ne peuvent pas rouler dans des voitures blindées, des dodges et autres voitures personnelles luxueuses qui leur permettrait d’éviter d’avoir à prendre les taxi-be qui pourraient être folkloriques pour les gens de passage mais, des corbillards ambulants pour ceux qui n’ont de choix que de les emprunter tous les jours.

Claude Rakelé

 

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