La Gazette de la grande ile

Edito : Recouvrement des avoirs illicites Pourquoi ca traine?

Publié le 18 juin 2019

Deux ans, deux longues années que l’on entend parler de ce projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites. Deux longues années de tergiversations dans un pays où les dirigeants successifs aiment dire qu’il n’y a pas d’impunité,  que la lutte contre la corruption est fondamentale,  que la tolérance zéro est requise contre la corruption…et pourtant la loi sur le recouvrement des avoirs illicites peine à être promulguée alors même que bon nombre de personnes et d’entités avaient été consultées pour aboutir à ce projet de loi, alors même que la prise d’ordonnance sur ce texte a été fortement suggérée lors du dialogue politique avec les partenaires techniques et financiers. Il est évident,  lorsqu’on voit l’argent couler à flot durant les propagandes et puis finalement le robinet à sec quelques jours après, que de l’argent dont l’origine pourrait être douteuse circule dans ce pays. Il est évident que si on traîne autant les pieds pour faire passer ce texte sur le recouvrement des avoirs illicites que certains et ils sont nombreux probablement seront épinglés par ce texte. Il est évident  que si on traîne autant à faire passer ce texte c’est qu’il porte atteinte à des intérêts de personnes que l’on cherche à épargner…car si vraiment il n’y avait pas autant de questionnements pourquoi traîner autant, pourquoi chercher autant la petite bête,  pourquoi avoir fait des manœuvres dilatoires.  Lorsque ce texte finira par sortir, on imagine déjà le triomphe peu modeste de ce régime qui va mettre cela à qon actif, et il aura raison…espérons juste que le texte ne sera pas vidé de sa substance, qu’il ne sera pas vidé des points essentiels et de sa raison d’être même. Car pour l’heure,  prendre autant de temps pour un texte qui était déjà prêt depuis deux ans n’est pas innocent,  peu importe ce que l’on peut faire croire à des citoyens au fait de ce que sont les avoirs illicites et de l’intérêt de recouvrir les avoirs illicites.  Si la société civile en est arrivée à adresser une lettre ouverte au Président de la République c’est que la vitesse pour légiférer par ordonnance sur ce texte n’était pas une ” grande vitesse “!

D.R.

 

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