La Gazette de la grande ile

Regards croisés : Baréa fait souffler un vent nouveau à la Nation malagasy !

Publié le 15 juillet 2019

Le sport a réussi là où le politique a lamentablement pataugé ; depuis une décennie. Tous les Malagasy se sont regroupés avec fierté sous le drapeau vert, blanc et rouge. Les Trois couleurs disposées comme le définit l’Article 4 de la Constitution en trois bandes rectangulaires d’égales dimensions – la première verticale de couleur blanche du côté de la hampe, les deux autres horizontales, la supérieure rouge et l’inférieure verte – ont été déclinées sur les visages, collées ou portées sur soi et sans aucun autre signe distinctif d’appartenance qui aurait fait l’amalgame entre la Nation et un parti politique ou un candidat politique. Le peuple malagasy a, selon l’Article 1er de la Constitution, constitué une Nation organisée en État souverain, unitaire, républicain et laïc ; sans aucune fausse note, sans couac, dans l’harmonie d’une Nation qui s’est reconnue. Spontanés, ardents et confiants, dans sa très grande majorité, « Tous étaient derrière les Baréas, au grand dam des lémuriens, des caméléons…Et la réalité, la logique sportive et politique a repris ses droits. Quels que fussent le talent et la pugnacité de l’équipe, du staff, de l’entraineur, la logique sportive et politique a remis la pendule à l’heure ; le miracle n’a pas eu lieu et les géants de la Can ont repris les choses en main ; pendant que Baréa reprend le chemin du retour, joueurs auréolés de leur exploit,  plébiscités par les siens et attendus avec le même élan enthousiaste, bien que la coupe soit restée en Egypte. Un mouvement collectif, inattendu, incongru, parce qu’une population programmée « à abattre les chevaux » cet acte pendant longtemps ritualisé avant de devenir vulgaire, comme était ritualisée la mise à mort d’un zébu ; pour une population formatée à idolâtrer le champion.

En atteignant les ¼ de finale, l’équipe Baréa a donné « son coup de pouce » en restituant l’image plus qu’étiolée de la République démocratique en quête de reconnaissance nationale et internationale. Dans « le concert des Nations », il y a une place honorable à gagner, Baréa a ouvert le score…

« La nouvelle gouvernance » va-t-elle réussir à saisir cette belle opportunité offerte de quitter la queue du peloton avec autant de panache ?

Madagascar est-elle en passe de prendre enfin conscience de son insularité et « de la communauté de destin », le déterminant de la culture malagasy ? Madagascar est-elle en passe de construire  une Société homogène, de former un même ensemble harmonieux, une culture commune, l’assimilation de multiples cultures différentes, qui sont l’héritage de notre Passé, qui constituent notre Patrimoine ? Peut-on d’ores et déjà parler de « melting pot » de cultures, de religions,  d’ethnicités ? Peut-on parler de « creuset » de la Nation ?

Nancy Razanatseheno

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