La Gazette de la grande ile

Edito : Et maintenant ?

Publié le 16 juillet 2019

Les Malgaches vibrent encore pour Madagascar et pour les Malgaches en dépit de la misère qui les engloutit au quotidien.  C’est la principale leçon que nous ont apporté la coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) et la performance inattendue de notre équipe nationale.  Le parcours des Bareas est loin d’égaler les Arlette Law-Kwan, Eléonore, Oliva et les autres sacrées championnes d’Afrique de basket-ball en 1971, du judoka Louis Andrianaivo également champion d’Afrique la même année, et Bako Ratsifandrihamanana parée de l’or sur 200 m dos aux jeux africains de Nairobi en 1987 avec le record d’Afrique à la clé. Mais ce qu’ont réussi à faire nos héros en Egypte est formidable: rendre leur fierté aux Malgaches et faire l’unité nationale autour d’eux.

Inutile de chercher à comprendre pourquoi des joueurs quasiment inconnus chez nous ont réussi à susciter autant de ferveur dans le pays. L’essentiel est qu’ils ont réussi à faire croire aux Malgaches qu’ils peuvent faire quelque chose de grandiose à laquelle personne ne s’attendait. En politique, on a vécu çà en 1991, en 2002 et en 2009 avec chaque fois la désillusion au bout du compte.

Mais ce qu’on a gagné en politique, on l’a perdu en économie ou plus exactement en mieux-être pour la population. Sommes-nous donc incapables de canaliser cet enthousiasme populaire pour une mobilisation générale en faveur du civisme et la discipline, le développement ?

En tout cas, l’aventure des Bareas est arrivée au bon moment pour Andry Rajoelina et son régime qui ont d’ailleurs fait preuve d’un bel opportunisme en récupérant et exploitant au mieux le phénomène.  Ce dont on souhaite maintenant est que nos dirigeants prennent cette ferveur en main pour qu’elle ne devienne un feu de paille. Car si les Malgaches vibrent autant, ce ne sont vraiment pas pour des footballeurs, c’est plutôt pour leur réussite et celui de tout le pays : ils ont tout simplement envie de réussir comme tout le monde. Les miséreux.

Dès lors, on ne peut qu’interpeller le chef de l’Etat sur ce qu’il va désormais nous offrir après les hélicoptères et les avions ainsi que les matériels roulants présentés durant la fête nationale pour les forces de l’ordre, la loi sur le recouvrement des avoirs illicites exigés par le FMI qui devrait donner son feu vert si effectivement le critère de performance sur les carburants est atteint, et le changement de gouvernement.

La question se pose parce que jusqu’à présent, le chef de l’Etat a le don pour mobiliser la foule. Une foule à qui il a tout promis et qui durant la CAN des Bareas a montré qu’elle reste toujours une force vive sur laquelle on peut compter. Hier sur les ondes ouvertes aux auditeurs, nombre d’intervenants ont émis le souhait qu’on passe maintenant à la concrétisation des “choses annoncées”.

                                                                             Sa

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