La Gazette de la grande ile

A l’heure des bilans : Retombées économiques minières tangibles

Publié le 19 juillet 2019

Madagascar mérite de jouir du potentiel minier et pétrolier dont regorge son sous-sol pour que les retombées économiques soient tangibles et plausibles aussi bien pour l’Etat, que pour les populations locales abritant ces richesses inestimables. Pour garantir et entretenir au mieux un environnement favorable et un climat de confiance à l’endroit des exploitants et investisseurs, les actions menées par le Ministère des Mines et des Ressources Stratégiques, conduites par le ministre, Fidiniavo Ravokatra, et en se basant sur la Politique Générale de l’Etat, se focalisent principalement sur l’amélioration de la gestion du Secteur, la mise en harmonie des activités aux communautés impactées, et l’instauration progressive de la transparence à tous les niveaux de la gestion du Secteur.

Hormis sa participation à la 8ème Conférence Mondiale de l’Initiative pour la Transparence de l’Industrie Extractive à Paris le 18 et 19 juin dernier, le Ministre des Mines et des Ressources Stratégiques malagasy a présidé la réunion des Ministres et Parlementaires des pays francophones, engagés dans la mise en œuvre de l’ITIE. Cette présence de Madagascar sur la scène internationale démontre une fois de plus que le Ministère et le Gouvernement actuel avance à grand pas vers le processus de mise en transparence de la gestion du secteur minier.

La Gazette  de la Grande Ile :  En  acceptant  de prendre en  charge  le ministère des  Mines  et des Ressources  Stratégiques,  vous  vous êtes  sûrement  fixé une priorité. Laquelle ?

Le ministre Fidinarivo Ravokatra : Pour valoriser notre richesse nationale et améliorer les recettes de l’Etat, il s’avérait impératif de modifier la valeur marchande de l’Or. Dans cette optique, des textes règlementaires relatifs à l’exportation à finalité non  commerciale, ont été adoptés. La quantité exportable est désormais limitée à 50 g si avant, celle-ci allait jusqu’à 1kg.  Le Ministère en charge des Mines prévoit également de mettre en place une structure à l’échelle nationale afin d’assurer la traçabilité de l’or et une valeur ajoutée par l’affinage ainsi que la labellisation de l’or malagasy. Cette structure, permettant de s’assurer d’une canalisation certaine de l’or vers un marché organisé et maîtrisé, est la Centrale de l’Or de Madagascar. Sa mise en place sera une manière à l’Etat de se donner une opportunité de se constituer un stock d’or national et d’améliorer la quantité d’or enregistrée officiellement au niveau de l’Administration minière.

LGDI   : Quelle stratégie  envisagez-vous pour y arriver ?

LMFR : D’abord il  faut  absolument valoriser le cadastre minier malagasy et le patrimoine géologique national. Dans le cadre de la valorisation des périmètres miniers et afin d’assurer l’effectivité des activités envisagées par les opérateurs,  l’Administration malagasy prévoit : l’optimisation et l’aménagement des recettes de la gestion des permis miniers, la redéfinition des responsabilités et de l’engagement de toutes les parties prenantes, ainsi que l’amélioration de la perception et l’utilisation des recettes minières déjà existantes.

LGDI : Est-ce suffisant pour obtenir les  résultats  positifs ?

LMFR : La bonne connaissance géologique est une condition sine qua non pour une meilleure gestion des ressources. Pour ce faire, les données cadastrales minières du BCMM et le Géo-Data Center du MBC Ivato, seront renforcés par la mise en place d’un nouveau musée de géologie. Ce musée, ouvert au grand public, facilitera l’accès aux données, alimentera les travaux de recherches à venir, et valorisera le patrimoine national géologique.  Dans  ce contexte, le Bureau des recherches Géologiques et Minières (BRGM) a remis au Président de la République, Son Excellence Monsieur Andry RAJOELINA en personne leurs fonds lithologiques et archives, fruits d’une longue recherche durant soixante-dix ans. Remise effectuée  en France le 31 Mai dernier. Une avancée historique et considérable consolidée par la visite de la délégation des techniciens  au siège du BRGM.

LGDI : Selon  vous, faut-il  continuer ou réduire l’exportation à l’état brut des autres produits miniers ?

LMFR : Dans la logique du secteur minier, les produits travaillés ont une valeur élevée par rapport aux produits exportés bruts. En vue d’augmenter la valeur ajoutée du secteur, le Ministre de tutelle a incité les acteurs de la filière, notamment les petits exploitants ou artisans miniers, à exporter des produits, que ce soient des pierres précieuses ou d’autres substances minières, à l’état transformé. L’instauration d’infrastructures adéquates en proximité des sites d’exploitation, accompagnée  de renforcement des compétences locales font partie des dispositifs adoptés pour y parvenir.

LGDI : Ces  dispositifs sont-ils  suffisant pour  arriver à  des  résultants pérennes  et plausibles ?

LMFR : Il  y  a lieu d’améliorer l’environnement du Secteur. Parce qu’en  arrivant dans  ce Département, heureusement  avec une  équipe de techniciens  compétents et bien  rôdés, même si  nous avons hérité de la suspension de Madagascar à l’ITIE, les efforts déployés ont abouti au dénouement de ce problème ainsi qu’à la validation des rapports de réconciliation 2017-2018. Grâce aux efforts solidaires  et efficaces de tous mes proches collaborateurs,  en tant que premier responsable du Ministère des Mines et des  Ressources Stratégiques, permettez-moi en toute modestie de vous  déclarer que  c’est la première fois qu’à travers la Loi de Finances 2019, l’Etat Malagasy va apporter sa contribution financière au profit de l’ITIE-Madagascar.

Propos  recueillis par N. Razafilahy

 

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