La Gazette de la grande ile

SENTINELLE : Au championnat de Madagascar de tennis, la fédération fait des siennes et les parents se rebiffent…

Publié le 19 juillet 2019

La créativité, l’audace est une des formes de gouvernance que j’apprécie le plus. Le ministère de l’éducation nationale a essayé d’apporter leur savoir-faire au service de la nation et laisser l’empreinte de leur passage au pouvoir pendant l’ère Rajaonarimampianina Hery. C’est peut-être légitime de suivre les pulsions bien humaines qui sont de justifier son existence et de montrer ses compétences, mais la décision politique concernant le changement de calendrier de la période scolaire est d’une telle délicatesse, que s’y attaquer est comme si on voulait attraper avec une canne à pêche un  gros poisson comme la baleine. En effet, une des causes principales de la pauvreté qui sévit actuellement à Madagascar provient de l’effritement du système éducatif.

Une fois encore, l’éducation subit la douleur de n’être qu’un champ d’expérimentation  pour les pouvoirs successifs en place. Pour ne citer que les changements les plus nocifs car désastreux, il y eut la malgachisation de l’enseignement, et maintenant le changement de calendrier scolaire. En parlant de ce dernier qui a traversé le temps durant plus d’un demi-siècle, et pendant lequel tous les Malgaches se sont bien adaptés en s’organisant du mieux qu’ils pouvaient, la période scolaire a eu un relooking qui fit des dégâts collatéraux échappant à la vigilance des concepteurs. Il est vrai que beaucoup  de vies familiales furent complètement chamboulées à cause de cette décision politique qui n’a pas abouti  aux résultats escomptés. Eh oui, ses concepteurs ont été limogés plus tôt que prévu, et n’ont pu mener à terme tous les changements y afférents. En effet les mesures d’accompagnement prises ne concernaient que le milieu intra-muros de l’éducation nationale, alors que cela débordaient dans d’autres domaines extra-muros. Le sport malgache fut parmi les victimes de ce chambardement dans son mode d’organisation. Le monde sportif qui nous intéresse est en train de subir de plein fouet les vicissitudes, non seulement de ces décisions administratives qui n’ont aucune cohérence avec les autres îles qui nous entourent comme : la Réunion, les Comores, Mayotte, Maurice et les Seychelles, mais aussi qui sont carrément ignorées, réfutées et rejetées  par les instances de tutelle du sport. Prenons par exemple la FMT (Fédération Malgache de Tennis) qui a choisi d’organiser les championnats nationaux pendant les périodes des examens scolaires malgaches, mais de vacances des établissements français (SIC). Bon nombre de joueurs constituant la relève du tennis, malencontreusement ne peuvent participer à ces joutes sportives au sommet de leur discipline de prédilection.  Effectivement, ils ne peuvent perdre une année scolaire pour l’amour de la balle jaune. Malgré l’intervention des parents demandant un report de ces championnats de Madagascar, il se trouve qu’ils se heurtent à un mur d’incompréhension de la part d’un organe de tutelle qui s’érige en dépositaire du savoir, et dont la raison sociale dans ce cas précis est de faire violence à ses administrés en profitant de leur position dominante. On espère que tel ne soit pas le cas et que ces affirmations ne sont que malveillance de ma part, et pour cela j’en ferai amende honorable. Il faut quand même rappeler que les fédérations sont des ramifications tutélaires du ministère des sports, et une des attributions de ce dernier est le contrôle des activités fédérales en cours, surtout quand il a financé un tant soit peu une de leurs activités. Au constat d’abus de pouvoir avéré, le ministère doit intervenir pour essayer de trouver un terrain d’entente en faisant appel à l’intelligence et aux bons sentiments de tout un chacun. Ces 3 entités (ministère-fédération-parents)  ont un intérêt commun qui est d’avoir la bonne personne à la bonne place, c’est-à-dire avoir le meilleur à la plus haute marche du podium. Dans cette optique, ne pas trouver un terrain d’entente n’est que le fruit d’orgueil mal placé.  Il est vrai que diriger le sport n’est pas seulement célébrer les réussites sportives, mais aussi aider et créer des opportunités pour favoriser l’éclosion de champions. Une participation effective du ministère des sports dans les tractations futures pour solutionner cette dissension est souhaitable.

Max Randriantefy

 

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