La Gazette de la grande ile

Opposition : Ravalomanana n’est pas son chef officiel

Publié le 23 juillet 2019

Marc Ravalomanana n’est plus et ne sera plus Président de la République. Il n’est plus le maire de la capitale et ne sera bientôt plus maire-adjoint puisque son épouse ne sera pas réélue. Il ne sera pas Premier Ministre car il n’a pas été nommé par la majorité qui s’est dégagée à la suite des élections législatives. Que reste-t-il à Marc Ravalomanana pour étancher sa soif de titres, d’honneurs et de pouvoir ? Pour exister sur la scène politique, il s’est improvisé à tort Chef de l’opposition.

Cette auto- proclamation viole l’article 6 de la loi n°2011-013 du 9 septembre 2011 portant statut de l’opposition et des partis d’opposition qui dispose que : « Après chaque élection législative, les groupes politiques remplissant les conditions exigées par l’article 2 ci-dessus et qui se déclarent officiellement d’opposition désignent d’un commun accord un Chef de l’opposition officiel. A défaut d’accord, le chef du groupe politique d’opposition ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés lors du vote est considéré comme Chef de l’opposition officiel. Si le Chef de l’opposition officiel n’est pas un parlementaire, il bénéficie d’office du statut de député et siège de droit au sein de l’Assemblée Nationale. »

Marc Ravalomanana n’est pas le Chef de l’opposition officiel car il n’a pas été désigné d’un commun accord par les groupes politiques qui se revendiquent de l’opposition. Il est passible de poursuites pénales pour usurpation de fonction. Non seulement le forcing de Marc Ravalomanana est entaché d’illégalité, mais l’ancien Chef de l’Etat n’a aucune légitimité.  Où est la preuve écrite de l’existence ou de l’absence d’un accord entre les groupes politiques non issus de la majorité présidentielle ?

Marc Ravalomanana est tout au plus le chef du Tim et le top-chef de Tiko. Superstar du boniment et adepte des machineries, il fait tout simplement du forcing avec une impudeur totale, comme à l’accoutumée. Tout le monde a compris que Marc Ravalomanana souhaite devenir Chef de l’opposition pour trois raisons. Primo, il souhaiterait devenir député sans avoir été élu. On reconnaît là son côté mesquin et opportuniste. Il espère pouvoir faire le show à l’Assemblée Nationale. Secundo, il aimerait bénéficier des droits et avantages liés à la fonction de Chef de l’opposition. Virtuose de la cupidité, il pourra ainsi les rajouter aux privilèges attachés à son statut d’ancien Chef de l’Etat. Tertio, Marc Ravalomanana entend démontrer, à ses partisans en situation de découragement absolu et à la communauté internationale, qu’il est encore le chef de quelque chose. Cela lui donne l’illusion de pouvoir relancer la mécanique du rêve en vue de la prochaine élection présidentielle.

Comme il a été indiqué ci-dessus, le prétendu statut de Chef de l’opposition de Marc Ravalomanana est dénué de légalité et de légitimité. Il convient de rajouter que le personnage n’a aucune moralité. Pour preuve, durant son mandat, non seulement Marc Ravalomanana a commis un hold-up sur les caisses de l’Etat, mais il a également ordonné le carnage du 7 février 2009 à Antaninarenina. C’est pourquoi, il s’est enfui comme un malfrat. Avec un lourd passif et du sang sur les mains, il n’a pas le profil pour être le Chef de l’opposition qui, par définition, a l’ambition de (re)devenir Chef de l’Etat.

Phil de Fer

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