La Gazette de la grande ile

Fonds monétaire international : 43 millions dollars de plus pour le pays !

Publié le 29 juillet 2019

Quatre mois après, le FMI (Fonds monétaire international) nous accorde une nouvelle tranche de crédit. Il s’agit d’environ 43,7 millions de dollars accordés au titre de la 5ème revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) qui a été  engagée en septembre 2016. Soit environ 726 milliards de nos francs.

 C’est vendredi dernier que le conseil d’administration du FMI a pris cette décision que d’aucuns n’espéraient pas vraiment. A l’issue de la 4ème revue, le FMI avait, en effet, définie quatre critères de performance à fin juin 2019 pour la 5ème revue : « réduction progressive des subventions à l’Entreprise publique JIRAMA, de l’engagement des Autorités à ne plus accorder des subventions au secteur pétrolier, du renforcement de la gouvernance et de l’intensification de la lutte contre la corruption ».

Au début du mois de juin, la mission du FMI pour la 5ème revue est répartie à Washington peu satisfaite des avancées sur les deux principaux critères de performance, notamment sur les prix des carburants et la lutte contre la corruption. Le président Rajoelina avait, en effet, déclaré la guerre aux pétroliers avant de les convoquer pour négocier. On ne sait pas jusqu’à présent ce qui a été convenu entre les deux parties mais c’est dans les lettres confidentielles comme la Lettre de l’Océan Indien qu’on apprend que les pétroliers exigent plus que jamais que l’Etat respecte ses engagements.

Quant à la lutte sur la corruption, le régime en place a eu à faire face à l’exigence des bailleurs de fonds de légiférer la saisie des avoirs illicites dans le cadre de la lutte contre la corruption. C’est à la veille de la proclamation des résultats des élections législatives dont la mise en place de la nouvelle législature mettra fin au pouvoir exceptionnel du chef de l’Etat de légiférer par voie d’ordonnance qu’Andry Rajoelina a pris une ordonnance sur cette saisie des avoirs illicites. Le texte est assez controversé mais le principe a satisfait les techniciens du FMI qui ont transmis le dossier Madagascar au conseil d’administration pour approbation et achèvement de la FEC laquelle aura permis à Madagascar d’obtenir des crédits d’un montant de 304,5 millions de dollars.

Dans sa déclaration à l’issue de la décision du conseil d’administration, le DGA et DG par intérim du FMI (le DG Christine Lagarde étant démissionnaire), Mistuhiro Furusawa, a toutefois tenu à suggérer que « les autorités devraient continuer à tirer parti de ces efforts ». Pour les observateurs avertis, cette déclaration  constituerait un appel pour la concrétisation de la loi qui ne devrait pas rester lettre morte. Le DGA a d’ailleurs conclu que « le programme de réformes en cours devrait continuer à bénéficier de l’assistance technique du FMI ».

Le conditionnel est de rigueur car la FEC est déjà achevée et il faudrait un autre programme pour que le FMI puisse imposer des critères de performance ou conditionnalités. Il n’empêche : le DGA estime que « des mesures résolues sont nécessaires pour limiter les risques pesant sur la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, y compris les risques budgétaires liés à la situation financière de la JIRAMA, à la pérennité du fonds de pension des fonctionnaires et aux engagements envers les distributeurs de carburant. Sur ce dernier point, les progrès récents vers la mise en place d’un mécanisme automatique de tarification du carburant tout en limitant son impact sur les plus pauvres sont encourageants ».

En attendant un nouveau programme, ces souhaits seraient  transmis à la Banque mondiale en tant que critères de performances de programmes sectoriels.  Ces deux organisations ne sont jumelles pour rien

Sa

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