La Gazette de la grande ile

Diplomatie : Rija Rajohnson ambassadeur à Paris ?

Publié le 14 août 2019

Depuis la crise de 2009 et les sanctions internationales, nos représentations à l’extérieur étaient plutôt au ralenti. A l’exception de quelques unes, nos ambassades étaient dépourvues de chef. Les ambassadeurs nommés par Marc Ravalomanana  ayant quitté leurs fonctions à l’accession de Andry Rajoelina, aucun nouveau ambassadeur n’a pu être nommé après le refus de la communauté internationale de reconnaître le nouveau régime.

A son accession au pouvoir, en 2014, Hery Rajaonarimampianina  avait fait sa priorité le rétablissement de nos relations financières extérieures, notamment les bailleurs de fonds traditionnels. Pour être honnête, le programme financé par la FEC (facilité élargie de crédit) du FMI, c’est lui. Le pipeline dans le sud, c’est lui. Les constructions routières actuelles dans la capitale, c’est un financement de la BEI (Banque européenne d’investissement), c’est encore lui.  Mais visiblement, M. Rajaonarimampianina n’avait pas d’équipe et c’est à la fin de son mandat seulement qu’il a pu trouver des personnalités valables pour occuper le poste d’ambassadeur dans certains pays. Parmi ses nominations, seule Mireille Rakotomalala est encore en poste en tant qu’ambassadeure au Japon.

Bientôt, elle ne sera plus la seule représentante de Madagascar à l’étranger.  Rassuré par ses relations avec la communauté internationale qui l’avait renié en 2009 et dont les poids lourds comme la France, l’Allemagne et l’Inde viennent d’accréditer leur ambassadeur respectif en signe de reconnaissance, Andry Rajoelina a depuis peu procédé à des consultations pour nommer ses ambassadeurs.

Ainsi, Rija Rajohnson serait pressenti à Paris. Ancien ministre des Eaux et Forêts sous Didier Ratsiraka à la fin des années 90, M. Rajohnson  est très proche d’Andry Rajoelina pour avoir assuré son cabinet civil pendant la Transition. Membre fondateur du parti Leader Fanilo avec le regretté Herizo Razafimahaleo, il a mis son expérience politique au service du jeune président durant ses difficiles années de pouvoir.  D’après nos informations, la demande d’agrément auprès du président français, Emmanuel Macron, aurait été déjà fait. Après la présentation des lettres de créances de l’ambassadeur français, Christophe Bouchard, la réponse ne saurait tarder.

Finalement, le président Rajoelina aurait choisi un de ses fidèles collaborateurs à la tête de cette ambassade jugée la plus importante de Madagascar à l’extérieur compte tenu des relations historiques, mais aussi de la coopération avec la France. A un certain moment, les rumeurs avançaient le nom de Sylvain Rabetsaroana comme futur ambassadeur malgache à Paris.  Ancien vice-président du Sénat, cet opérateur économique dispose de solides relations et à très haut niveau avec la classe politique française. Il fait partie du cercle fermé d’Andry Rajoelina qu’il a aidé pour son accession au pouvoir. D’après les bruits qui courent en haut lieu, il serait nommé soit à Bruxelles soit à la représentation malgache auprès du bureau de l’ONU à Genève. Mais, il n’est pas exclu que M. Rabetsaroana soit nommé à Londres où il a aussi ses entrées, sa fille avocat ayant forgé ses armes là-bas.

A en croire la Lettre de l’Océan Indien, l’ancien Premier ministre de la Transition, Jean-Omer Beriziky, serait aussi pressenti soit à Bruxelles soit à Genève. On voit pourtant mal un ancien ambassadeur auprès de l’Union européenne y revenir, environ 20 ans après.  Avec son expérience internationale, M. Beriziky serait mieux placé à Genève où l’autre ancien Premier ministre Camille Vital ne pense pas y revenir, M. Vital étant ambassadeur en 2013.

D’après nos informations, Camille Vital serait bientôt nommé ambassadeur à Maurice. Il aurait fait la demande auprès de son ami et ministre des Affaires étrangères Naina Andriantsitohaina. D’ailleurs, M. Vital était à Maurice la semaine dernière pour tater le terrain et sentir l’ambiance. Après sa courte expérience genèvoise en matière de diplomatie, la proximité de Maurice n’est pas étrangère à ce choix.

Parmi les proches du président Andry Rajoelina, un autre qui s’est depuis fait discret pourrait bien refaire surface avec la nomination des ambassadeurs. Il s’agit de Ny Hasina Andriamanjato qui a fait ses études en Russie, parle la langue et dont lui-même et sa propre famille et sa famille politique sont proches de ce pays. Il ferait un très un bon ambassadeur auprès de ce pays qui essaie de reprendre l’importance qu’il avait chez nous et dans les pays d’Afrique durant la guerre froide. Le facteur de blocage serait son … frère cadet qui est notre représentant auprès de l’Unesco à Paris. Deux frères ambassadeurs seraient mal vus mais s’ils sont compétents, où est le problème. Mais Ny Hasina  Andriamanjato pourrait aussi être le joker contre Marc Ravalomanana pour la mairie d’Antananarivo.

Autre nom cité dans le microcosme, celui de notre consoeur et ministre de la Communication Lalatiana Rakotozafy. On lui cherche un poste en Russie ou à New-York auprès des Nations Unies. Il s’agit d’une récompense pour service rendu, mais aussi une belle occasion pour se débarraser d’un couple dont les agissements mettent à mal la popularité du régime. Ce serait pour la même raison qu’on avait pensé mettre Naivo Raholdina en Inde ou en Italie mais les barrières linguistiques seraient incontournables pour la « mpikabary » qui aurait des difficultés de parler et comprendre l’anglais.

En tout cas, le président Rajoelina ne devrait pas se contenter de récompenser ses fidèles amis. Il a aussi l’obligation de penser  au succès de la diplomatie malgache en nommant en plus des ambassadeurs par des techniciens hyper-compétents. Pour Bruxelles par exemple, l’ancien ambassadeur de l’Union européenne a proposé à Hery Razjaonarimampianina un ancien cadre malgache de la représentation européenne à Antananarivo qu’ils ont formé pour, mais l’ancien président n’a pas donné suite. Parmi les initiateurs de l’IEM, il y a certainement des technicités à récupérer. D’autant plus qu’il y a une bonne quinzaine d’ambassades à pourvoir, les techniciens avec. On croit d’ailleurs savoir que le ministre des Affaires étrangères est en train d’apurer nos représentations qui servaient de refuge doré aux progénitures de certains politiques. Au-delà des obligations politiques, il est temps de mettre devant le professionnalisme dont la communication qui manque terriblement dans nos ambassades.

Sa

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