La Gazette de la grande ile

Edito : Recours excessif à la détention provisoire

Publié le 14 août 2019

La dégradation des conditions de détention est maintes fois pointée du doigt par de nombreux organismes comme la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH). En effet, la situation est assez alarmante c’est pourquoi la CNIDH ne cesse de mettre les points sur les « i » à ce sujet. Hier encore, cette institution a étalé les faits lors d’un atelier de réflexion qui s’est tenu au siège du Système des Nations Unies à Andraharo. Il faut spécifier que cette table-ronde s’est articulée autour des visites de prison. La CNIDH a attiré l’attention sur la dégradation des conditions de détention qui ne cesse de s’empirer en raison du recours excessif à la détention provisoire. Ayant pu visiter 23 établissements pénitentiaires sur les 82 existants à Madagascar, elle a également relevé la pratique masquée d’actes de torture et de traitement cruels, inhumains et dégradants, caractérisée par la détention provisoire prolongée, ainsi que des formes d’extorsion d’aveux pendant la mise en garde à vue…

Et oui, les actes de torture et violences sont des actes inexplicables et horribles, pourtant généralement cachés par le secret et jouissant de l’impunité, affirme la CNDIH. Il a été constaté que la torture frappe les groupes de population oubliés comme c’est le cas des détenus qui souffrent en raison de la surpopulation carcérale. Il y a également la population des communes éloignées qui subissent des actes de violences policières comme c’était le cas à Antsakabary, le 22 février 2017 où l’on a enregistré un incendie criminel aggravé de pillages et d’actes de torture.

Et oui, les violences policières sont des faits existant à Madagascar, mais dans la majorité des cas cela reste caché sauf dans des cas comme Antsakabary où les dégâts des violences sont assez conséquents que cela s’est ébruité. Des investigations diligentées par la CNIDH laisseraient transparaître que malgré les interpellations effectuées, des dossiers restent souvent lettre morte et certaines procédures étouffées, à l’exemple du cas d’Antsakabary vu qu’aucun jugement n’est encore rendu jusqu’à maintenant.

Jean Riana

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