La Gazette de la grande ile

Education et PSE : La société civile tire la sonnette d’alarme

Publié le 17 août 2019

Récemment, le ministère de l’Education nationale et de la Formation technique et professionnelle a décidé de revenir sur l’ancien calendrier scolaire, soit une rentrée au mois d’octobre si le PSE prévoit la rentrée des classes au mois de mars afin d’éviter le passage à l’école pendant la période de pluies et de soudure. Une des grandes lignes du PSE, une éducation fondamentale de 9 ans, a également été abandonnée car les examens du CEPE sont maintenus. Les organisations de la société civile (OSC) signataires du PSE alors de faire bloc sur cette décision unilatérale du gouvernement qu’elles dénoncent être une volonté de profiter de l’ignorance et de la pauvreté des citoyens et enfants malgaches.

« Le PSE a été élaboré à partir du RESEN, une étude basée sur une méthodologie scientifique mondialement reconnue intégrant toutes les dimensions de l’éducation couvrant l’ensemble de notre territoire, renforcé et suivi de plusieurs mois de concertation avec tous les acteurs, dont des consultations à travers les 22 régions…La décision de revenir sur les deux éléments clés du PSE par contre n’a été basée sur aucune étude valide et a été seulement fondée sur des consultations de quelques acteurs/parents au niveau de 7 régions, des acteurs/parents majoritairement des zones urbaines et péri-urbaines, doublée par le lobby puissant des acteurs du système éducatif privé », communiquent les OSC. En effet, les établissements scolaires privés ne sont pas du tout partants avec l’application du PSE. Ces faits ont déjà été rapportés au moment où le ministère de tutelle a annoncé l’application progressive du PSE alors que comme il a déjà été annoncé, le secteur privé fait partie des entités (25 au total) qui ont endossé et signé le PSE. L’opinion est ainsi dans le flou total concernant toutes ces informations : endosser pour finalement rejeter.

La crainte de la société civile qui s’oppose à l’abandon du PSE porte surtout sur les enfants des zones rurales fréquentant des établissements publics. Selon elle, le gouvernement se moque des intérêts de la majorité de ces derniers sachant qu’avec une éducation fondamentale de 9 ans et la modification du calendrier scolaire, « plus de 80% des parents du monde rural ayant des enfants fréquentant les écoles publiques espèrent avoir de temps suffisant et adéquat pour envoyer et maintenir leurs enfants à l’école sans trop de risques en évitant la période de pluie, d’aléas climatiques coïncidant avec la période de soudure », estime l’OSC.

Concernant le diplôme de CEPE, la société civile dénonce que si les parents du monde urbain requièrent son maintien, c’est juste pour le plaisir de voir leurs enfants avoir un diplôme qui n’a quasiment aucune valeur. Alors que l’obtention du diplôme de CEPE constitue une sorte de barrière empêchant la poursuite de l’éducation des enfants vivant en monde rural. Autrement dit, avec l’abandon du CEPE, l’éducation fondamentale serait de 9 au lieu des 5 ans actuels ; ce qui maintiendrait probablement les enfants vivant dans les zones rurales dans le système éducatif 4 ans de plus.

Face à cette démarche unilatérale du gouvernement, la société civile regroupant Education Network, Aide et Action, le mouvement ROHY représenté par ses Organisations membres PACA, MonEPT, SAF/FJKM, CCOC, MSIS-Tatao, TAFO MIHAAVO, ASOS et FVTM fait appel à la solidarité nationale et l’ouverture du débat pour une meilleure mise en place du PSE.

Annie N.

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