La Gazette de la grande ile

Antananarivo : Saturation de scooter

Publié le 19 août 2019

Saturé est faible comme mots. Antananarivo est encombré de moto. D’un côté les revendeurs de motos d’occasion qui importent des conteneurs pleins de motos par mois et d’un autre côté les concessionnaires de motos neuves, notamment les motos d’origine chinoise, se multiplient et vendent plus de 50 motos par semaine. La majorité des motos d’occasion importées en masse sont d’origine japonaise et enregistrent entre 5.000 et 30.000 kilomètres. Honda, Yamaha, Kawasaki, Suzuki, etc. toutes les grandes marques sont présentes.  Du côté des scooters, Yamaha prédomine avec ses Jog, Cygnus, RS, etc. et du côté des motos, c’est Honda qui domine avec les modèles CB300, CB 250, ACE125, etc. Toutes ces machines à 2 roues sont vendues librement par des revendeurs informels pour la majorité et qui sont arrivées à créer un empire en moins de 2 ans. Les scooters avec une motorisation de 2 temps comme les Jog, les Evolution etc sont à la mode et attirent les jeunes car techniquement ces moteurs sont d’origine plus puissants que les 4 temps et sont plus faciles à entretenir et à modifier pour devenir encore plus puissants que d’origine.  Cependant, ils sont également plus polluants et consomment plus de carburant en rapport taille puissance avec les moteurs à 4 temps. Ils abondent le marché et coûtent moins chers avec un prix compris entre 450.000 et 1.800.000 ar pour les scooters en état de marche et 250.000 à 1.500.000ar pour les moteurs. Ils sont également les auteurs de la majorité d’accidents mortels impliquant une machine à 2 roues à cause de la modification mal gérée qui implique des scooters puissants avec des systèmes de freinage de base. La partie cycle de ces scooters n’est pas également conçue pour rouler à des vitesses extrêmes comme le font les jeunes malgaches.

La saturation de la capitale est due à la vente libre de ces engins motorisés sans prendre en compte le nombre d’engins déjà en circulation. Pollution et embouteillage vont de pair avec cette vente libre qui, à travers le temps, est devenue un business à part entière sur les réseaux sociaux. Des pages et des groupes dédiés uniquement à la vente et revente de motos et de scooters se sont créés sur Facebook. Comme la loi malgache stipule que les engins avec moins de 50cc de motorisation n’ont pas besoin de permis de conduire pour circuler, les jeunes font des rues leur terrain de jeu. Chaque dimanche, c’est plus d’une centaine de scooters qui se donnent rendez-vous à Bypass ou sur la Digue Ampitatafika ou sur la Rocade Andohatapenaka pour organiser des courses sauvages en pleine circulation, faisant souvent des morts. Madagascar ne possède pas également de loi régissant la qualité des engins neufs que les concessionnaires vont vendre.  Cela laisse aux concessionnaires de motos chinois la liberté de vendre des motos de très mauvaise qualité qui mettent en danger la vie des consommateurs. Trop de liberté et aucune règlementation font que Madagascar est encombré par les engins à 2 roues. Bientôt, nos rues ressembleront à ceux de l’Inde. Les scooters à 2 temps qui débarquent à Madagascar sont des scooters usés qui polluent. Un fait qui jure avec la résolution du Président de la République à faire de l’environnement sa priorité.

  1. B

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