La Gazette de la grande ile

Gestion de la Capitale : la CUA perd les pédales !

Publié le 23 août 2019

La Commune Urbaine d’Antananarivo vient d’officialiser l’autorisation de vendre sur les trottoirs. Hier, une délégation de la Commune s’est rendu sur les lieux, à savoir à Soarano,  Analakely et ses environs, pour délimiter les zones de commerce sur les bords des rues et sur les trottoirs en les peignant en jaune. Ces peintures donnent l’autorisation aux commerçants des rues d’utiliser les trottoirs et une bonne partie des bords des rues comme zone commerciale.

Il n’y a plus de place pour les piétons. Les trottoirs sont désormais acquis par les vendeurs. Après plusieurs mois de bras de fer avec ces commerçants, la CUA a cédé. En commençant par le centre-ville, cette officialisation de la vente sur les trottoirs ne va pas tarder à gagner du terrain et conquérir toute la Capitale. C’est le « top » qu’attendaient ces commerçants. Le signal de départ pour dire « la Ville est à vous ! ». Le bordel formalisé. Qui est le con qui a conseillé cette décision à la Maire de la Ville? Lalao est-elle si manipulable et si stupide que ça ? Autoriser le commerce sur les trottoirs c’est le pas de trop qui va enfoncer cette Ville vers le gouffre sans retour du bordel total.

C’est le signe d’impuissance le plus flagrant que Lalao a démontré depuis son élection. La CUA a toujours été fragile, mais là c’est carrément  une démonstration de faiblesse. Cela ne va qu’inciter les hors-la-loi à exercer davantage. De leur côté, le Ministère de l’Aménagement du Territoire remplit efficacement sa part du contrat en réparant les routes et les trottoirs, le devoir de la CUA est seulement d’assurer que ces infrastructures soient utilisées à bon escient. Pourtant, ils font exactement le contraire. Il est déjà difficile de trouver des solutions efficaces pour lutter contre les embouteillages monstres de la Capitale sans que la CUA ne vienne mettre son grain de sel en empirant la situation. Ces incapables n’ont trouvé de mieux que de laisser les hors-la-loi exercés librement et légalement leurs activités. La rue pour les véhicules, les trottoirs pour les piétons et les marchés pour les commerçants, c’est pourtant facile.

Cet acte de « générosité » mal placé n’est qu’une ruse de plus pour gagner le cœur des électeurs en prévision des prochaines élections, mais quelle naïve cette Lalao. Un cadeau empoisonné pour ces commerçants et une bombe à retardement pour les dirigeants, cette autorisation à vendre sur les trottoirs ne présentera rien de bon pour cette Ville.

T.Berado

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