La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY / Ce qui est bon  ailleurs…

Publié le 16 septembre 2019

Déplorant à juste titre les  mesures  judiciaires souvent mal embouchées appliquées  sur la lutte  contre le  vol de  bœufs  (encore       ) à  l’époque, le  président  Philibert  Tsiranana avait  exhorté  les  juristes à  faire  preuve  de  réalisme.  L’ancien  bouvier  d’Anahidrano  arrivé à la  Magistrature  Suprême n’ignorait  rien  des  problèmes de l’élevage et  du  début d’une  forme  de  banditisme rural  allait prendre  une  ampleur dramatique telle que les éleveurs la  vivent  de  nos  jours. Dans le  temps les  razzias n’avaient  de  ces  côtés  cruels que pratiquent actuellement les  dahalos  des  villes  et les  voleurs dans les  champs de  nos  campagnes. Le  Chef de l’Etat de la 1ère République avait  clairement donné l’ordre  qu’on  n’imite pas bêtement les  solutions juridictionnelles  des  tribunaux des pays  évolués  d’Europe  et  des  Etats-Unis. Il a  demandé à  ce  qu’on mette  en place  des lois adaptées aux  us et  coutumes des  régions  de  Madagascar.

Plus 60 ans après, notre pays  se  débat  toujours  dans les pires  situations  qu’avaient  vécues les éleveurs  d’alors. A qui faut-il  en  vouloir ? A ces pauvres paysans à qui on  oblige de  se  soumettre sous le  joug arbitraire du  dogme dictatorial  qui  veut  que  «personne n’est  censé  ignorer la loi»  alors  que le  dernier de ses tortionnaires  ces  bras  valides des  réseaux  de  trafic  des  bœufs  volés connaît mieux  ,que les plaignants  victimes des  activités  criminelles  de  ces  derniers les possibilités offertes  en  Cour  d’Appel par le  refus  d’une  demande de liberté provisoire en  Première Instance.  Moyennant des  relations  influentes  et espèces  sonnantes  et  convaincantes. Et le  tour est joué. Qui n’a pas  encore  rencontré un  suspect de  vol  de bovidés remis  en liberté  après  déferrement devant  un  Doyen  des  Juges, n’a rien vu encore… En l’absence d’un  Procureur  parti  en mission  pour  tirer  des mauvais draps  quelques magistrats menacé par la  vindicte populaire  dans l’arrière-pays pour  des  histoires pas  nettes  traitées  dans la  complaisance  avec le  déni  de  justice qui  va  avec, le malfaiteur qui a tué un sous-officier  de l’armée en  service  commandé a bénéficié d’une remise  en liberté malgré de très lourdes  charges  et  un  aveu circonstancié  grâce aux largesses d’un père  qui aurait payé une somme de 50.000.000 FMG  (somme refusée par un  Commissaire  de  Police trop  honnête pour ne pas  accepter qu’on puisse payer de la  sorte pour «gommer» la mort  d’un membre des  forces  l’ordre).  Mis  au  courant  de la tournure prise par l’épilogue du   par le ministre  de  Défense, la ministre  de l’époque  n’a même daigné  lever le petit  doigt.  Et pour  cause ! Mystère et  boule  de  gomme…La dite ministre de la  justice  plus  tard a été mêlée à la rocambolesque et incroyable évasion  d’Houcine Arfa. C’est toujours  dans un éloquent  silence  révélateur qu’elle  quittera la scène derrière l’écran de fumée de quelques  dossiers du concours d’entrée à  l’Ecole  de la  Magistrature. On a seulement mis  en  prison  quelques  dindons  de la farce  et  des  boucs  émissaires pour  amuser la  galerie  et  tromper l’opinion. Les parties prenantes des énormes  sommes  en  Euros  enjeux de  cette évasion  organisée n’ont jamais été ni inquiétées,  ni auditionnées malgré  des  aveux médiatisés à  volonté  et  des omissions punissables  en  la matière.  Les  actuels  tenants  du pouvoir  ont beau dénoncer et condamner ouvertement  en public l’existence  d’un  corporatisme détestable. Ils oublient l’essentiel : « Ce qui  est  bon  ailleurs, peut l’être  aussi au pays de Remenabila, de Jaonary,  de  Rajao le comique de la  République mais pas  celui des  séries  vidéos… » Pas  toujours  bien  entendu. Mais  quand il  faut  donner une  sanction  exemplaire, « il faut  aussi oser  frapper  plus  haut parmi les grosses têtes et les  O.V.N.I »  Sinon … Arrêtez  de  jouer les  justiciers.

 

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