La Gazette de la grande ile

Carburants : Hausse des prix dans … 2 mois

Publié le 18 septembre 2019

Inévitable ! Oui, à l’heure où nous écrivons, la hausse des prix à la pompe des carburants est inévitable après l’attaque des installations saoudiennes par des drônes lancés par des rebelles yéménites. Cette attaque a aussitôt réduit de moitié la production de pétrole brut de l’Arabie Saoudite qui est l’un des plus importants pays producteurs au monde. Conséquence directe de cette attaque : les cours du brut ont augmenté de plus de 15%.

En France qui est très proche de nous aussi bien économiquement que politiquement et culturellement, cette attaque s’est traduite par une augmentation de 4 à 5 centimes d’euro sur les prix à la pompe. Selon cependant la presse spécialisée internationale, les experts en la matière sont partagés sur la suite des évènements. Les uns tablent sur une hausse passagère misant sur l’absence de réaction violente de Donald Trump qui maintient d’ailleurs sa volonté de rencontre le président iranien même s’il soupçonne l’Iran  d’être derrière cette attaque contre l’Arabie saoudite. Cette analyse optimiste est confortée par certains articles de presse annonçant la remise en marche des installations détruites en 3 semaines. Par ailleurs, ils s’attendent tous à une mobilisation des réserves stratégiques des pays qui permettraient d’atténuer les effets d’une baisse passagère de production.

Les autres sont par contre moins pessimistes car outre le risque d’embrasement de la région, on estime que les réparations de dégâts prendraient au moins trois mois avec cela suppose de jeu malsain de certains pays producteurs qui ont toujours œuvré depuis longtemps pour réduire la production et faire augmenter les cours.

En tout cas, personne ne peut prédire l’avenir. Cependant, on est sûr d’une chose : la hausse des prix à la pompe n’interviendrait que dans 2 mois tout simplement parce que la structure des marchés tels que les carburants distribués à Madagascar sont achetés sur le marché international aux prix d’il y a 2 mois. Depuis ce week-end, les cours du brut tournent autour de 68 dollars le baril, soit un peu plus que le niveau du brut lors du dernier ajustement des prix des carburants, au moins de juin, à l’issue des négociations de l’Etat avec les pétroliers à l’issue desquelles ces derniers ont accepté de réduire leurs marges. Il a été également convenu l’établissement d’une nouvelle formule de prix pour des ajustements automatiques avec un système de lissage et la fixation d’un montant maximal de 50 milliards de dettes pour compenser la différence entre les prix réels et les prix à la pompe fixés par l’Etat.

Si les paramètres restent les mêmes dans 2 mois, les cours du pétrole brut sur lesquels on devrait établir les prix à la pompe seraient alors en hausse de 15 %.  Seuls les techniciens peuvent traduire combien d’ariary ces 15 % seront traduite à la pompe. Mais l’Etat peut très bien jouer sur la nouvelle formule de prix, le lissage de prix et le montant des subventions pour maîtriser les prix.  Le problème est que l’Etat malgache ne peut pas décider seul. Il doit tenir compte de ses engagements envers la FMI.

A ce sujet, une mission d’experts de cette institution est justement attendue pour demain pour la dernière  revue de la FEC (Facilité élargie de crédit). Le problème de l’énergie sera au centre des discussions, notamment les subventions sur les carburants d’une part, et la Jirama d’autre part. Sur cette entreprise publique, l’Etat va présenter aux experts du FMI sa solution par l’importation directe de carburants sans condition aucune  autre que l’information préalable au Chef de l’Etat et au Premier ministre. On dit que l’autorisation prise en conseil des ministres, mercredi dernier, est donnée pour un délai limité, sans qu’aucun calendrier n’ait été donné.

Quant aux carburants, le FMI comme ses experts sont aussi suspendus sur l’attaque survenue en Arabie saoudite et ses conséquences. A priori, ils ne trouveraient aucune objection à toute proposition de Madagascar sur les carburants. Mais quand on sait d’une part la décision d’autorisation d’importation directe de carburants pour la Jirama, et d’autre part, le ministre des Hydrocarbures a annoncé, hier soir sur des chaînes de télévision, des recherches de nouveaux approvisionnements et l’instauration d’une nouvelle concurrence au bénéfice de la population, les missionnaires du FMI ne vont pas de manquer de demander des détails sur ce projet d’importation directe de carburants pour la Jirama. Quel opérateur va fournir la Jirama ? Le test de l’approvisionnement de la Jirama pour un temps limité ne cache-t-il un projet d’exclusion ou tout au moins un contrôle des importations de carburants ? Que penseraient les majors même si le marché malgache est si petit ?

Sa

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