La Gazette de la grande ile

Iles Eparses : L’affront de Macron (1ère partie)

Publié le 31 octobre 2019

Lors de son bref passage, la semaine dernière, sur les Iles Glorieuses, le Président Emmanuel Macron a lancé « Ici, c’est la France. » C’est une manière lâche de répondre au Président Andry Rajoelina qui avait annoncé durant sa visite à Paris, en mai 2019, la mise en place d’une commission mixte destinée à trouver une solution à la question des Iles Eparses. Après la déclaration controversée de son homologue français, le Président Andry Rajoelina a précisé que la première réunion de la commission mixte aura lieu le 18 novembre 2019. Le Président Andry Rajoelina marche droit dans ses bottes. Il défend les Iles Eparses, conformément à la résolution 34/91 du 12 décembre 1979 de l’Assemblée Générale de l’ONU, à ses promesses de campagne et surtout à l’article 45 de la Constitution qui dispose que le Président de la République « est le garant, par son arbitrage, du fonctionnement régulier et continu des  pouvoirs  publics,  de  l’indépendance  nationale  et  de  l’intégrité territoriale.  Il  veille  à  la  sauvegarde  et  au  respect  de  la  souveraineté nationale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est le garant de l’Unité nationale. » On comprend qu’Emmanuel Macron protège en priorité les intérêts de la France mais son entêtement à vouloir conserver les Iles Eparses contraste avec ses propos lancés en février 2017 selon lesquels « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. » En martelant « Ici, c’est la France », non seulement Emmanuel Macron renonce à présenter des excuses, mais il persiste à faire renaître une forme de néocolonialisme qui est déjà très mal perçue par l’opinion publique malgache.

Phil de Fer

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